Démission du président Martin : « C'est ma décision, elle m'appartient »

06 janvier 2022 - 14:28
Le ton solennel, la voix parfois tremblante. C'est dans ce contexte que le président du conseil départemental du Gers, Philippe Martin, a annoncé ce matin à la presse sa démission de la présidence du conseil départemental du Gers. Usé par la bataille judiciaire amorcée il y a cinq ans, celle pour laquelle il a été condamné en début de semaine par le parquet national financier, à Paris.
 
Après 23 années passées à la tête du département, Philippe Martin a décidé de tourner la page. Non sans émotion, mais avec le sentiment d'avoir réalisé ce qu'il a toujours souhaité pour le département. « Je veux rester en ligne avec la personne que je suis et c'est pour cette raison que j'ai souhaité poser ma démission, être en paix avec moi-même. J'ai fait ce que je voulais faire, toujours dans l'intérêt du Gers ». 
« Il fallait abréger la procédure judiciaire qui m'a empêché de dormir à maintes reprises. Mais quand on est mis en examen et condamné, ce n'est pas digne vis-à-vis des gens de rester dans ses fonctions. Je voulais continuer de les regarder. Beaucoup m'ont dit de tenir, qu'on finirait par oublier, mais je ne crois pas. L'engagement public, c'est quelque chose de compliqué et la meilleure chose à faire, c'est de s'en excuser. Je le fais aujourd'hui, c'est rare. J'aimerais que d'autres élus, impliqués dans d'autres affaires, le fassent aussi dans cette démocratie que je sais malade ».
 
« Je m'attendais aux attaques »
 
Le président a tenu à revenir également sur les déclarations qui émanent de partis politiques, de la majorité en passant par Les Républicains. « C'est l'écume des choses. Ils sont dans leur rôle, ils veulent me voir partir depuis longtemps. Je ne suis plus dans le jeu politicien. Ce qui m'attriste, c'est le paragraphe diffamatoire à l'égard de mon épouse. Mais je m'y attendais. Ça n'a pas d'importance, ni d'incidence ».
Au département, c'est désormais Céline Salles, première vice-présidente du conseil départemental, qui va assurer l'intérim à la tête du Gers. Elle en a été informée mardi par Philippe Martin. Une succession temporaire, entre 10 et 30 jours, avant la tenue de nouvelles élections. « J'ai confiance en eux pour assurer la continuité des dossiers entrepris pendant mon dernier mandat ».
 
Des projets depuis 1998
Modernisation de la RN 124, équipements en fibre pour tous, désertification médicale, démocratie citoyenne. Le dernier fait d'armes du président Martin restera le passage de la flamme olympique dans le Gers, dans le cadre des Jeux Olympiques de Paris. Nul doute qu'il aurait apprécié accueillir la flamme, à l'horizon 2024, en tant que président.
 
Et après ?
« La suite ? Ce n'est pas à moi de dire qui prendra la place au département. Plus personnellement, à 68 ans, il faudra du temps pour me relever de cette épreuve, sans vouloir passer pour un martyre. J'aime ce département, je suis persuadé encore de faire des rencontres. S’occuper plus de mes proches que je ne l'ai fait jusqu'à présent, la vie est belle et il y a 1 000 façons de se rendre utile pour le Gers. Je vais continuer à vivre. »
N.M
 

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