Emploi fictif : le président du Gers Philippe Martin condamné à deux ans de prison avec sursis

04 janvier 2022 - 17:51
Le président du conseil départemental du Gers Philippe Martin, visé par une affaire de détournement de fonds publics pour avoir rémunéré son ex-femme Joëlle Martin pour un emploi fictif d'assistante parlementaire entre 2002 et 2013, a été condamné aujourd'hui par le parquet national financier, à Paris, à deux ans de prison avec sursis, selon nos confrères de l'AFP. 
 
Le 14 décembre dernier, il avait tenu à s'exprimer sur notre antenne quant aux rumeurs de démission de son poste de président du département, évoquant par ailleurs son souhait "de prendre ses responsabilités si cela devait se présenter". Suite à cette condamnation, l'ancien ministre sous le quinquennat de François Hollande s'est exprimé aujourd'hui par voie de communiqué. 
 
 « A l’issue de ma convocation par le Parquet financier, mardi 4 janvier, et comme je l’avais indiqué, j’ai accepté de renoncer à une longue procédure judiciaire et d’assumer, au travers d’un accord basé sur une reconnaissance préalable des faits, les conséquences de ce choix. Cet accord met un terme à une affaire vieille de 5 ans pour des faits remontant à plus de 15 ans. J’ai accepté les peines prononcées et acquitté l’intégralité des amendes qui m’étaient réclamées. Le tribunal a tenu à souligner ma « capacité d’amendement ». Citoyen comme les autres, je m’abstiendrais de tout autre commentaire. Pour l’avenir je continuerai, comme par le passé, à agir et œuvrer dans l’intérêt du Gers et des Gersois. »       
 
De son côté, le député de la première circonscription du Gers, Jean-René Cazeneuve, a tenu à réagir à la condamnation de Philippe Martin, là aussi par voie de communiqué. 
 
Aujourd’hui, Philippe Martin a été condamné pour détournement de fonds publics pour avoir rémunéré son ex-épouse pour un emploi fictif d’assistante parlementaire entre 2002 et 2013, alors qu’il était  député du Gers. Je regrette cette affaire, qui porte atteinte à l’image du Gers et de ses élus. Encore une fois, les agissements de quelques-uns nuisent à l’ensemble des femmes et des hommes politiques. J’en profite donc pour rappeler que l’immense majorité des élus – en particulier dans le Gers– sont  dévoués corps et âme à l’intérêt public. Ils sont fidèles aux valeurs de notre République et font preuve d’une probité exemplaire. Cette affaire montre que – malheureusement– nous n’en avons pas encore totalement fini  avec ces pratiques. En 2017, nous avons voté une loi visant à renforcer la confiance dans  la vie publique. Nous avons pris des mesures fortes comme le contrôle des frais de mandat ou encore l’interdiction des emplois familiaux pour les parlementaires. Elle n’est pas de trop. Afin de restaurer le climat de confiance, il est primordial que la lumière soit faite sur toutes les ramifications de cette affaire qui concerne au moins deux élus du Parti Socialiste. Les Gersoises et  les Gersois méritent de  savoir. Sans présumer de la malhonnêteté de quiconque, je souhaite que cette décision de justice soit l’occasion de travailler à renforcer  la  transparence  dans notre département.
Quid de son avenir à la tête de présidence du Gers? Selon nos informations, Philippe Martin devrait s'exprimer dans les prochains jours sur le sujet. La fin de son mandat expire en 2027. 

N.M

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