SPA du Gers : deux présidentes d'associations sortent du silence

Quelques jours après la mise en examen de la présidente de la SPA du Gers, Marie-France Le Bagousse-Baus, deux présidentes d'associations de protection animale du Gers sortent du silence. Elles dénoncent de « nombreux dysfonctionnements » au sein de l'association.

« On est loin d'être surprises, mais soulagées que l'affaire éclate. Ce n'est pas fini. » Quelques jours après la mise en examen de Marie-France Le Bagousse-Baus pour « abus de confiance » et « complicité d'atteinte volontaire à la vie d'un animal », deux présidentes d'associations de protection animale gersoises, ont souhaité lever le voile sur les méthodes de fonctionnement de la SPA du Gers. Elles se disent régulièrement « informées » de « moult dysfonctionnements » au sein de l'association.
 
« On avait demandé, l'an dernier, une réunion à ce sujet avec diverses associations. Elle s'est mal passée parce qu'on a parlé de gestion de la SPA. On a été abasourdies par le processus réservé aux chatons de moins de huit semaines » relate Liliane Broussard, présidente de l'association gersoise du Gang des Matous. « Les chatons étaient anesthésiés et testés FIV et FeLV. S'ils étaient positifs, la SPA procédait directement à leur euthanasie, alors que les vétérinaires nous disent que ces tests ne sont pas valables  ».
 
Selon Liliane, cela concerne au moins 75% des chatons que son association a pu amener à la SPA du Gers. « On parle quand même, selon les estimations que nous avons pu faire, d'une centaine d'animaux. Beaucoup de personnes qui voulaient des chats à la SPA sont revenues vers nous, affirmant qu'il n’y en avait pas sur le site ». « Une fois, il y en avait 13 et puis quelques jours plus tard, entre 2 et 5 chats, ajoute une enquêtrice de l'association Cœur à 4 pattes. Des riverains de la SPA nous disaient que certains chats étaient relâchés dans des champs d'Ordan-Larroque » ... « Ils ont appelé la SPA pour dire qu'il y avait des chats errant, poursuit Nadine Larré, présidente de l'association Chapatounes. La SPA leur a dit de les relâcher dans la nature. C'est arrivé plusieurs fois et on a des preuves. Ce n'est pas ça le bien-être animal. »
 
Pourquoi ne pas avoir parlé plus tôt ?
« On avait des retours sur des chiens ramassés par la police municipale et amenés à la SPA. Les délais de garde en fourrière ne sont pas respectés et les chiens étaient mis a l’adoption, alors qu'ils étaient recherchés par les propriétaires. On s'est rendu compte que les infractions étaient très nombreuses. On a demandé aux victimes de porter plainte, ce qui a été le cas pour certains. Mais elle n'ont pas abouti. On aurait dû réunir tous ces témoignages au sein d'une même gendarmerie. Toutes les fois où on a essayé de parler avec elle, elle nous envoyait valser ».
 
Lors de son audition, Marie-France Le Bagousse-Baus avait justifié ses actes, estimant que le propriétaire n'était pas légitime pour les garder [NDLR, les chiens]. Un argument « incompréhensible » selon Liliane Broussard. « C’était un chien identifié, avec une puce électronique à jour. Si la présidente avait fait ce qu'il fallait, on aurait fait la lecture de cette puce et appelé le propriétaire pour dire que le chien avait été récupéré ».
 
Depuis la parution de notre article, nombreux sont ceux qui sur les réseaux sociaux relatent des histoires de disparition de leurs animaux de compagnie. « Les vols de chiens ? On est certaines qu'il y en a plusieurs, ajoute Liliane Broussard. La mort de ce chien, on espère que c'est un cas unique. Mais pour en discuter avec des anciens bénévoles, on a peur du contraire ».
 
Vendredi dernier, un conseil d'administration extraordinaire a permis d'élire un président par intérim, après la mise en examen de la Marie-France Le Bagousse-Baus. « La seule chose dont on rêve c'est que quelqu'un d'honnête, qui gère le budget en bon père de famille, soit élu à la tête de la SPA. On veut que ce soit géré avec le plus de probité possible. Ces histoires ont affecté beaucoup de monde. 385 communes du Gers cotisent, donnent de l'agent chaque année, pour que la fourrière fonctionne. Cet argent se doit d'être bien utilisé ».
N.M