RN 124 : leur stade sur le tracé et bientôt rasé, ils menacent de jouer sur la route

Le club de foot de Monferran-Savès dénonce une situation « ubuesque ». Les infrastructures promises par la CCGT ne devraient pas voir le jour selon une décision rendue publique datant du 8 février dernier.  

Ce n'est pas le manque d'effectif qui pèse sur la survie du club de football de Monferran-Savès : 274 licenciés selon un dernier décompte, c'est plus qu'espéré pour cette bourgade de la Gascogne toulousaine. « On a pas mal de licenciés mais le problème c'est ce terrain en mauvais état depuis quinze ans, raconte Mathieu Defianas, le vice-président du club. Comme on ne peut pas le moderniser, c'est compliqué. » Et pour une raison simple : le tracé de la route nationale 124 empiète sur le stade de la commune. Voué à la destruction, la communauté de communes de la Gascogne Toulousaine (CCGT) avait décidé en 2015, de construire un complexe avec deux terrains, quatre vestiaires, une salle de réception, un parking. « Bref, on était heureux parce que c'est deux fois plus que ce que nous avons » poursuit Mathieu Defianas. Il faut dire que son club, qui attire les joueurs de l'ouest toulousain, fait partie des six formations du Gers comptant le plus de licenciés.

Mais la crise sanitaire est passée par là. La guerre en Ukraine aussi et le retrait de la commune de Fontenilles de la CCGT. « En clair, la CCGT nous a fait savoir que les finances manquent depuis les crises successives. Et le 8 février dernier, ils ont pris la décision de diviser par deux ce qui nous était promis. »

Finelement, dans cette projection revue à la baisse, seuls deux vestiaires sortiront de terre en 2025, loin des attentes du club. « Les promesses ne sont pas tenues, s'agace Mathieu. Il faut comprendre que le 1er juillet 2024, ils vont raser notre stade et on va faire face à des situations ubuesques. Imaginez-vous avec les gosses, traverser des chantiers, une route départementale et tous ces engins de chantier pour enfin arriver au terrain synthétique. On est dans une impasse » se lamente Mathieu qui espère que « les collectivités, le préfet ou encore le député David Taupiac » qui suivent le dossier de près, « se mobiliseront pleinement. On a un vrai rôle sociétal dans le territoire. On accepte tous les niveaux ici, que vont devenir les gamins qu'on encadrait ?  »

Le club ne manque pas d'idées pour alerter l'opinion publique sur la situation qu'il traverse. Après la mise en ligne d'une pétition, ils vont organiser un « match » sur la route nationale 124 en mars prochain. « Ça prête à sourire comme initiative, mais ça révèle une situation vraiment délicate » conclut Mathieu.

Malgré nos sollicitations, la présidence de la CCGT n'a pas donné suite pour l'instant.

N.M