L’association a demandé au maire d'un village du Gers d'installer une plaque commémorative en « hommage » aux poulets morts dans un accident de poids lourd.
La lettre de PETA France a presque agacé le maire de Faget-Abbatial. Dans ce courrier, l'association de défense des animaux -qui prône le véganisme- a demandé à Daniel Dumont d'installer une plaque commémorative dans son village, en « hommage » aux poulets morts dans un accident de camion, le 28 novembre dernier. Le poids lourd transportait 4126 poulets en direction de Saramon avant de se coucher sur la départementale 104, à Faget-Abbatial. Plus de la moitié ont péri dans l'accident.
Natacha Garnier, porte-parole de PETA France
« Les poulets sont des êtres sensibles, capables d’empathie et d’apprentissage. En plus de rendre hommage aux victimes de l’accident, notre plaque commémorative rappellerait à toute personne choquée par le terrible sort de ces êtres que nous pouvons tous contribuer à prévenir ce type d’accident en devenant végan – ce qui supprimerait la nécessité de transporter des poulets vers des lieux d’abattage. »
L'association déplore le transport des animaux avec « de longs trajets pénibles, terrifiants et dangereux et sont mis à mort de manière violente et sanglante, souvent sans étourdissement préalable suffisant. » Contacté, le maire de Faget-Abbatial confirme avoir reçu la demande de l'association par voie de courrier. Sa réponse est catégorique. « C'est non. C'est une vaste bêtise. Si on commence à mettre des plaques commémoratives partout, vous imaginez. On va où là ? Faut arrêter, ça devient n'importe quoi. » Selon Anissa, de l'association PETA France que nous avons pu joindre ce jeudi, c'est le manque de considération envers les animaux qui gêne. « On ne parle jamais du sort des animaux dans un accident. Ils sont transportés dans des conditions dangereuses et l'idée pour nous, c'est de faire réfléchir le consommateur lambda pour mettre fin aux souffrances animales. »
Si le procédé n'est pas nouveau pour l'association, aucun maire n'a -pour l'heure- accepté la pose d'une plaque commémorative. « Son refus est malheureux, mais on voit des mairies qui s'engagent pour le bien-être animal et c'est déjà très bien. L'avantage de cette plaque, c'est qu'elle pourrait faire réfléchir les automobilistes et les passants qui oublient souvent le sort des animaux. »
Dans un communiqué, l'association appelle « à devenir végan pour prévenir ces incidents, bien trop réguliers ». Elle a réalisé une demande similaire à la mairie de Saint-Laurent-de-Mure, au sud de Lyon, où une cinquantaine de bovins avaient été tués dans un accident de transport d'animaux sur l'autoroute A43 le mois dernier.
N.M