La CR du Gers a marché avec Jérôme et sa chèvre à Paris ce week-end, l'agriculteur de Manciet est en difficulté financière

Des membres de la CR 32 ont profité de la mobilisation nationale du week-end dernier pour se rendre à Paris et médiatiser l'histoire de Jérôme, un agriculteur gersois dont l'exploitation est en situation de redressement judiciaire.

Ils n'avaient pas forcément prévu de faire cap vers la capitale mais l'actualité parfois morose du monde agricole les a rattrapés. Des membres de la Coordination rurale du Gers ont avalé les kilomètres pour se rendre à Paris le week-end dernier, là où se tenait une manifestation nationale après l'appel lancé par le syndicat agricole à défiler dans les rues de la Ville, sur fond d'inquiétudes liées au traité de libre-échange entre l'UE et les pays du Mercosur. Une aubaine pour médiatiser l'affaire de Jérôme Courrèges révélée par nos confrères de la Dépêche du Midi, en proie aux dettes et dont la situation « rappelle celle de beaucoup d'autres » constate Lionel Candelon, le président de l'antenne gersoise du syndicat qui a fait le déplacement jusqu'à Paris.

Stoppés à quelques dizaines de mètres de l’Élysée

Des membres du syndicat ont donc défilé aux côtés de cet éleveur « qui n'a qu'un petit mois pour trouver la somme de 41 000 euros, rappelle Lionel Candelon. On a décidé de marcher avec Sophie ». Sophie, du nom de cette chèvre de son exploitation de Manciet qu'il tient avec sa femme Pauline. « On a marché avec sa chèvre pendant 4 kilomètres à pied et on s'est fait stopper à quelques dizaines de mètres de l’Élysée, poursuit Lionel Candelon. On s'est fait virer par les CRS qui avaient reçu l'ordre de ne pas nous laisser pénétrer dans la petite couronne. »

Malgré leurs demandes pour rencontrer la ministre de l'Agriculture Annie Gennevard, « on a reçu une fin de non-recevoir et on a donc décidé de rester là ». Lionel Candelon dénonce des coups de boucliers, des amendes et des échanges parfois tendus avec les forces de l'ordre. « On a le respect de l'uniforme et on sait être respectueux, mais à un moment donné, on a envie de leur dire d'arrêter de protéger les élites ».

Loin de la manifestation d'il y a un an

Un an après les dernières mobilisations agricoles qui avaient secoué le pays, le temps de l'union malgré différents horizons semble désormais bien loin. L'approche des prochaines élections à la chambre d'agriculture « y est pour quelque chose » rappelle Lionel Candelon. « C'est compliqué de converger ensemble avec les élections à la chambre qui approchent. Pourtant, la situation n'a pas bougé en un an : les trésoreries ne se sont pas renflouées. On avait posé des revendications sur la table, mais aucune n'a été entendue. On n'a pas pu discuter avec le gouvernement ce week-end, mais on se rattrapera quand nos élites viendront dans nos départements. Nous avons un Premier ministre qui veut rester maire de sa ville et elle n'est pas loin d'ici, je n'en dis pas plus. »

Pour aider Jérôme Courrèges, une cagnotte en ligne a été ouverte sur la plateforme Leetchi 


N.M