Un collectif de parents s'est réuni ce jeudi dans les rues de Montestruc-sur-Gers pour sensibiliser les habitants à la fermeture annoncée de la crèche du village. Une première action avant d'entamer des démarches judiciaires.
C'est une surprise sans en être une pour Romain. Cet ancien sous-directeur de la crèche de Montestruc-sur-Gers a appris la nouvelle comme les autres il y a deux semaines : la crèche du village va fermer au premier août. Dans les prémices de nouvelles actions, un collectif de parents a choisi de tracter dans les rues du village.
La fermeture de l'établissement qui se dessine résulte selon Romain d'une « gestion hasardeuse » des finances de la mairie, qu'il n'hésite pas à fustiger. « Il y a eu un changement de maire l'an dernier. On savait qu'il y avait une incapacité de gestion des finances mais le maintien des services publics était une priorité avant la passation de pouvoir entre les deux maires. Cette priorité ne l'est plus visiblement ». Après la fermeture du centre aéré au cours du mandat précédent, la municipalité aurait assuré aux habitants que crèche et école n'étaient pas menacées. « La maire actuelle faisait partie des adjointes de l'ancienne équipe municipale. Elle était au courant du niveau des comptes. Le déficit est de 70 000€ aujourd'hui et là ils viennent taper dans une structure où il n'y a aucun problème. On dépose les enfants sereinement le matin, le personnel est qualifié et la liste d'attente est longue comme le bras, ce n'est pas un problème de manque de présence ».
« Un traumatisme »
Si le sort des salariés de l'établissement semble scellé et sans perspective de reclassement, que va-t-il advenir des enfants ? Romain s'alarme. « C'est leur premier réseau social cette crèche, c'est un petit traumatisme qu'ils vivent. Et les conséquences pour les parents ? Ils y pensent ? » Infirmier à l'hôpital d'Auch avec sa femme, Romain réfléchit à changer d'emploi pour assurer la prise en charge de son fils cadet. « On a des horaires atypiques et beaucoup de parents vont se retrouver sur le carreau. Dans notre couple, un des deux va perdre son emploi pour s'occuper du petit ».
Le collectif entend désormais manifester de façon quasi hebdomadaire dans l'espoir de préserver la crèche du village avant « d'entamer des démarches judiciaires, poursuit Romain. S'il faut pousser jusqu'au tribunal administratif, on le fera ».
N.M