Condom, ville de France la plus foudroyée en 2023

Condom a été la ville de l'Hexagone la plus foudroyée l'an dernier. Comment l'expliquer, à quoi doit-on s'attendre dans les années à venir ? Joris Royet, chef de projet météo à Météorages -filiale de Météo France depuis 1987- répond à nos interrogations. 

Comment expliquer cette année remarquable pour Condom, ville la plus foudroyée de France ?

On est dans la continuité de 2022, mais ce qui a marqué l'an dernier, c'est que cette activité électrique s'est étalée sur deux jours. On a détecté 519 éclairs nuage-sol dont plus de la moitié -330- a été relevée sur deux journées entières, entre le 20 et le 21 juin. 

La question du dérèglement climatique est souvent évoquée quand on parle de phénomènes météo très intenses. Est-ce l'unique raison ?

Ce n'est pas directement lié au réchauffement climatique. Disons qu'on a des situations orageuses, comme ce qui s'est passé ces 20 et 21 juin, où on a une sorte de cellule orageuse, une supercellule, qui a démarré dans les Pyrénées-Atlantiques et qui s'est fortement renforcée en arrivant sur le Gers. Ça, c'est quelque chose qu’on retrouve assez fréquemment chaque année. Elles ont été extrêmement électriques et ont déchargé des éclairs nuage-sol sur un peu plus de la moitié du Gers, c'est vraiment localisé finalement. Ce n'est pas la première année où on a ce type de configuration, les années d'avant ça passait juste dans une autre ville ou dans un autre département. 

Doit-on craindre des activités orageuses aussi électriques au cours des prochaines années ? Est-ce que les communes doivent s'adapter à ces phénomènes ? 

J'exclus un petit peu le réchauffement climatique. Il n'empêche qu'il joue quand même un rôle dans le réchauffement des basses couches. Dans le réchauffement climatique, il y a réchauffement, donc les surfaces proches du sol se réchauffent de manière statistique et si toutes les autres conditions sont réunies pour qu'un orage se forme, ce dernier pourrait se montrer plus violent et plus électrique. Porteur de grêle, avec des diamètres de plus en plus importants, de la pluie de plus en plus forte, des rafales de plus en plus fortes. C'est quelque chose que l'on constate de manière assez générale, que les orages peuvent devenir maintenant très violents. Mais disons que l'on n'a pas assez de recul sur les données, c'est insuffisant pour vraiment dessiner une tendance dans le futur. Ce qui est évident, c'est que dans les prochaines années qui arrivent, dont 2024, on peut retrouver des cellules orageuses très grêligènes et très électriques comme on a eu les précédentes années.

Le Gers de façon plus globale a été -lui aussi- très concerné l'an dernier.

En termes de nombre d'éclairs nuage-sol, le Gers se trouve en deuxième position derrière les Pyrénées-Atlantiques avec un foudroiement de plus de 17 360 éclairs sur cette année 2023.

Est-ce qu'on peut le comparer à l'année qui précède ?

Oui, on est en première position de toutes les années depuis le début des relevés. L'ancienne année la plus marquée, c'était 2018 avec à peine 10 000 éclairs, c'est près de deux fois moins de ce qu'on a eu cette année. Là, 2023 se démarque totalement des autres années. En 2022, en comparaison, on était seulement à 4 700 éclairs. 

N.M