"C'est stupéfiant" : dépêché, un pompier du Gers raconte l'horreur des incendies meurtriers

Dépêchés à 15 000 kilomètres du Gers, cinq pompiers du département, spécialisés dans l'exercice des feux de forêts, ont été déployés au Chili. Joint par la rédaction d'Hit FM Radio, le lieutenant Ludovic Lafontan témoignage du désastre provoqué par les incendies.

De l'autre côté de l'Atlantique, un déploiement de secours gersois a été dépêché face aux ravages provoqués par une série d'incendies qui détruit la flore chilienne. La faute à une sécheresse remarquable et des températures qui n'en finissent plus de grimper.

Depuis leur arrivée, le 13 février dernier, les cinq pompiers gersois ont posé leurs bagages dans un campement situé à une dizaine d'heures de bus, au sud de Santiago, la capitale du Chili. Une région boisée, où les exploitations bovines se comptent par dizaines dans des praires sèches, propices aux incendies et accessibles par des sentiers souvent poussiéreux, non-carrossés. « On travaille beaucoup sur la sécurisation des zones déjà brûlées pour éviter les reprises de feux, près des maisons et des entreprises. Un travail de cette ampleur, c'est assez assez exceptionnel ». Depuis le début de la crise, presque 500 000 hectares de végétation sont partis en fumée, une vingtaine de victimes est à déplorer.

Cantine, bungalow et repas servis quotidiennement. Installés dans un campement privé d'une entreprise chilienne spécialisée dans le bois, les cinq gersois ne manquent de rien, mais doivent conjuguer au mieux avec la barrière de la langue. « On se sent utiles, rien qu'à notre arrivée, on a été accueillis par les autorités locales. On a vu qu'on était attendus ».

Face au désastre climatique qui se joue devant leurs yeux, des liens se tissent chaque jour avec la population locale. « Mais ils ne parlent pas Français ni Anglais. On se rappelle de notre Espagnol scolaire. Ils sont heureux de voir cette solidarité internationale qui s'organise pour eux ». Et les méthodes de travail ne sont pas les mêmes qu'en France. « On déroule un peu de tuyau, mais ce n'est pas trop leur façon de faire. Là, c'est plus du travail de grattage pour entourer les feux et s'assurer qu'ils ne repartent pas. Ici, ce sont des conditions terribles, ça prend des proportions assez folles. La vitesse de reprise d'un feu c'est stupéfiant, c'est ce qui me marque le plus ».

Le départ du Chili des cinq pompiers gersois est prévu le 7 mars, pour une arrivée France le 8.

N.M