Des membres du syndicat de la Coordination rurale ont été interceptés par les forces de l'ordre entre deux stands au Salon International de l'Agriculture qui a ouvert ses portes le week-end dernier à Paris. Le président de l'antenne régionale, le Gersois Lionel Candelon, vit très mal l'altercation et promet une « réponse à la hauteur de l'affront subi ».
Lionel Candelon ne décolère pas. Moins de 24 heures après son retour dans le Gers, échaudé par un « bref » passage au Salon International de l'Agriculture, le -probable- futur président de la chambre d’agriculture du Gers vit comme un « affront » l'altercation qui a opposé un groupe de bonnets jaunes du syndicat dont il porte l’étendard régional, à des membres de forces de l'ordre, samedi. Pourtant, rien ne laissait présager un tel envenimement de la situation : un échange de quinze minutes plus tôt en matinée sur la situation du monde paysan avec le président Emmanuel Macron, une tape sur l'épaule et la promesse d'un « salut » au désormais ex-préfet du Gers Laurent Carrié devenu conseiller « territoires » à l’Élysée, avec lequel Lionel Candelon entretenait de « bonnes relations » jusqu'à le qualifier de « meilleur préfet de la Terre. »
« Un bonnet jaune, c'est du terrorisme pour eux »
Qu'est-ce qui a pu mettre le feu aux poudres alors que le début du Salon se tenait dans un contexte bien moins tendu qu'en 2024 ? « Le dispositif conséquent y a joué » répond Lionel Candelon qui évoque le chiffre de 1500 à 2 000 policiers. « On a appris que 10 membres de notre syndicat avaient été verbalisés pour attroupement », poursuit-il, évoquant aussi le placement en garde à vue de deux autres membres de la CR. « L'un pour outrage, l'autre pour avoir repoussé une policière. Elle lui a sauté dessus alors qu'elle n'avait pas de brassard au bras, lui marchait tranquillement avec un bonnet jaune, ce qui est du terrorisme pour eux. Ce que j'ai vécu là-bas c'est la honte absolue. »
Les deux membres du syndicat -l'un de l'antenne haut-garonnaise et l'autre de la Manche- ont été placés en garde à vue, sous la menace d'un jugement en comparution immédiate le lendemain, avant finalement d'être relâchés en soirée. « Une délégation CR composée de trois personnes a tout de même été reçue par Groupama qui tenait un stand là-haut. Puis on a obtenu un rendez-vous avec la MSA, et c'est à ce moment-là que la tension est montée. »
« C'était une chasse aux bonnets jaunes, un délit de faciès »
La cinquantaine de bonnets jaunes se dirige vers le stand de la MSA avant d'être « rattrapée » par les forces de l'ordre. Une « bousculade » durant laquelle trois membres du syndicat ont été légèrement blessés. « Ils ont chargé dans notre direction. Juste après l'incident, j'ai mis mon bonnet dans la poche et vous savez quoi ? J'ai pu passer comme une lettre à la poste, regrette Lionel Candelon. C'était une chasse aux bonnets jaunes , un délit de faciès. » Ce lundi, le président de la CR Occitanie entendait demander des comptes au ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau par l'intermédiaire des préfets de la région qu'il entend démarcher. « Parce que les ordres ont été donnés là-haut ».
Des actions dans le Gers
En réponse à ce qu'il considère comme un « affront », Lionel Candelon affirme qu'un nouveau radar de chantier a été ciblé ce samedi soir, à l'instar de précédentes actions menées dans le Gers par son syndicat. « Il a disparu, ils ne le retrouveront pas sitôt. L'autre, ils auront du mal à le sortir de là où il est. D'ici à dix jours, tous les radars seront entourés de pneus jusqu'à la tête et on délivrera un message pour notre ministre de l'Intérieur qui nous pend pour des c*ns. Sauf si des excuses publiques arrivent. On bâchera tous les radars du Gers pour une période de 6 à 8 mois, c'est le tarif à la hauteur du préjudice subi. On se réserve aussi le droit d'aller vers les bâtiments administratifs et les instances privées. » prévient Lionel Candelon qui devait être élu nouveau président de la chambre d'agriculture du Gers ce jeudi, trois semaines après la victoire historique du syndicat aux élections. « Je rendrai mon bonnet jaune, mais la relève est assurée et elle gardera la même ligne que celle appliquée jusqu'à présent : on agit, et après on discute. »
Une réunion avec le préfet du Gers Alain Castanier doit se tenir ce jeudi lors de la session d'installation à la chambre d'agriculture.
N.M