Altercation au SIA 2025 : Lionel Candelon de la CR 32 promet une réponse "à la hauteur du préjudice"

Des membres du syndicat de la Coordination rurale ont été interceptés par les forces de l'ordre entre deux stands au Salon International de l'Agriculture qui a ouvert ses portes le week-end dernier à Paris. Le président de l'antenne régionale, le Gersois Lionel Candelon, vit très mal l'altercation et promet une « réponse à la hauteur de l'affront subi ».

Lionel Candelon ne décolère pas. Moins de 24 heures après son retour dans le Gers, échaudé par un « bref » passage au Salon International de l'Agriculture, le -probable- futur président de la chambre d’agriculture du Gers vit comme un « affront » l'altercation qui a opposé un groupe de bonnets jaunes du syndicat dont il porte l’étendard régional, à des membres de forces de l'ordre, samedi. Pourtant, rien ne laissait présager un tel envenimement de la situation : un échange de quinze minutes plus tôt en matinée sur la situation du monde paysan avec le président Emmanuel Macron, une tape sur l'épaule et la promesse d'un « salut » au désormais ex-préfet du Gers Laurent Carrié devenu conseiller « territoires » à l’Élysée, avec lequel Lionel Candelon entretenait de « bonnes relations » jusqu'à le qualifier de « meilleur préfet de la Terre. »

« Un bonnet jaune, c'est du terrorisme pour eux »

Qu'est-ce qui a pu mettre le feu aux poudres alors que le début du Salon se tenait dans un contexte bien moins tendu qu'en 2024 ? « Le dispositif conséquent y a joué » répond Lionel Candelon qui évoque le chiffre de 1500 à 2 000 policiers. « On a appris que 10 membres de notre syndicat avaient été verbalisés pour attroupement », poursuit-il, évoquant aussi le placement en garde à vue de deux autres membres de la CR. « L'un pour outrage, l'autre pour avoir repoussé une policière. Elle lui a sauté dessus alors qu'elle n'avait pas de brassard au bras, lui marchait tranquillement avec un bonnet jaune, ce qui est du terrorisme pour eux. Ce que j'ai vécu là-bas c'est la honte absolue. »

Les deux membres du syndicat -l'un de l'antenne haut-garonnaise et l'autre de la Manche- ont été placés en garde à vue, sous la menace d'un jugement en comparution immédiate le lendemain, avant finalement d'être relâchés en soirée. « Une délégation CR composée de trois personnes a tout de même été reçue par Groupama qui tenait un stand là-haut. Puis on a obtenu un rendez-vous avec la MSA, et c'est à ce moment-là que la tension est montée. »

« C'était une chasse aux bonnets jaunes, un délit de faciès »

La cinquantaine de bonnets jaunes se dirige vers le stand de la MSA avant d'être « rattrapée » par les forces de l'ordre. Une « bousculade » durant laquelle trois membres du syndicat ont été légèrement blessés. « Ils ont chargé dans notre direction. Juste après l'incident, j'ai mis mon bonnet dans la poche et vous savez quoi ? J'ai pu passer comme une lettre à la poste, regrette Lionel Candelon. C'était une chasse aux bonnets jaunes , un délit de faciès. » Ce lundi, le président de la CR Occitanie entendait demander des comptes au ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau par l'intermédiaire des préfets de la région qu'il entend démarcher. « Parce que les ordres ont été donnés là-haut ».

Des actions dans le Gers

En réponse à ce qu'il considère comme un « affront », Lionel Candelon affirme qu'un nouveau radar de chantier a été ciblé ce samedi soir, à l'instar de précédentes actions menées dans le Gers par son syndicat. « Il a disparu, ils ne le retrouveront pas sitôt. L'autre, ils auront du mal à le sortir de là où il est. D'ici à dix jours, tous les radars seront entourés de pneus jusqu'à la tête et on délivrera un message pour notre ministre de l'Intérieur qui nous pend pour des c*ns. Sauf si des excuses publiques arrivent. On bâchera tous les radars du Gers pour une période de 6 à 8 mois, c'est le tarif à la hauteur du préjudice subi. On se réserve aussi le droit d'aller vers les bâtiments administratifs et les instances privées. » prévient Lionel Candelon qui devait être élu nouveau président de la chambre d'agriculture du Gers ce jeudi, trois semaines après la victoire historique du syndicat aux élections. « Je rendrai mon bonnet jaune, mais la relève est assurée et elle gardera la même ligne que celle appliquée jusqu'à présent : on agit, et après on discute. »

Une réunion avec le préfet du Gers Alain Castanier doit se tenir ce jeudi lors de la session d'installation à la chambre d'agriculture. 

N.M