Produits locaux contre produits low-cost, les supermarchés gersois ont choisi

13 décembre 2023 - 14:56

A quelques jours des fêtes de fin d'année, la Coordination Rurale s'est activée ce matin dans les hypermarchés de la préfecture gersoise. En « contrôlant » les denrées mises en avant dans les bacs, le syndicat souhaite s'assurer de la visibilité des produits locaux face aux marchandises importées, moins coûteuses.

C'est un Lionel Candelon un poil agacé qui attaque sa tournée des grandes surfaces auscitaines. Ses collègues agriculteurs n'ont pas fait le déplacement au Grand Chêne, le laissant seul face aux étaux. « Quand vous avez des agriculteurs qui se sont soumis à tout ce qui leur arrive et qui sont résignés chez eux, c'est très difficile de faire remonter leurs effectifs. Il n'y a qu'en bougeant que les gens sortiront de leurs exploitations ». Le président de la Coordination Rurale du Gers entame à Intermarché son contrôle des rayons viande, avec l'objectif de traquer les produits extra-hexagonaux qui joueraient les passagers clandestins dans les bacs IGP. Ici, dans un cassoulet préparé, des manchons de canard « origine U.E. », là, au milieu d'un étal épars de viande d'agneau, un ovin d'outre-manche égaré.

Les éleveurs français, et gersois en particulier font face « aux canards des pays de l'Est ou aux poulets ukrainiens, où les coûts de production sont divisés par deux ou trois. Nous on ne peut plus descendre nos prix de vente, la seule solution qu'on a c'est que les magasins n'achètent pas ces produits importés parce qu'ils ne respectent pas les mêmes règles que nous, ils sont en concurrence déloyale ». Lionel Candelon a bien conscience que les consommateurs regardent régulièrement au moins cher en période d'inflation, alors, pour défendre sa filière, autant les inciter à se tourner vers du local. 

« Je comprends la démarche de M.Candelon »

En fin de compte, à Leclerc ou Intermarché, les supermarchés « jouent le jeu » pour l'éleveur de Castillon-Debats, qui voulait s'assurer de la bonne place des produits locaux sous les yeux des consommateurs à l'approche des fêtes de fin d'année. « Aujourd'hui on a une mise en avant des produits locaux, IGP, label, origine France, et pas de grosses palettes de produits importés à l'entrée du magasin. Réellement, il y a une volonté de protéger les producteur français, ou en tout cas de les accompagner sur les ventes des produits ».

Les contacts avec les directeurs d'enseigne sont cordiaux et la petite opération de communication du syndicat agricole, qui semble obtenir l'assentiment des quelques clients qui remarquent le petit attroupement, reçoit aussi l'aval des entreprises. Hervé Lacoste, directeur du Leclerc d'Auch « compren[d] la démarche de M.Candelon, qui défend sa région, son patrimoine » et assure qu'à « la fin de l'année nous aurons essentiellement des produits français et gersois. Tout au long de l'année nous avons plus de quarante fournisseurs locaux, en boucherie, en fromage, en volaille. Et nous allons le développer encore plus en 2024 ».

V.M

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article