PMA: la quête du nouveau-né ralentie par un manque de moyens

10 septembre 2020 - 05:25
A 36 ans, Charlotte voit les jours qui s'épuisent dans l'attente. Pressée par le cycle de la vie, cette Gersoise originaire de Masseube tente de donner naissance à un enfant depuis plusieurs années avec son compagnon, Grégory. Mais une maladie génétique est venue poser quelques obstacles dans leur chemin vers la procréation. Atteinte de la neurofibromatose de type 1, jamais elle ne se serait doutée que ce handicap, aussi appelé maladie de Von Recklinghausen, viendrait contrecarrer à ce point ses envies de grossesse. « Progressivement, j'ai compris qu'il y avait un risque pour que l'enfant hérite lui aussi de la maladie. Mais des membres de ma famille, également atteints, et des spécialistes, m'ont malheureusement confirmé cette information ». Désabusés mais loin d'être anéantis, Charlotte et Grégory prennent contact avec des spécialistes de Toulouse pour entrevoir une PMA. « Ils nous ont proposé une fécondation in vitro avec diagnostic préimplantatoire. En clair, me ponctionner les ovocytes et les examiner pour savoir s'ils ont la maladie ». Les effets de la neurofibromatose se traduisent pour l'heure par de simples tâches de café sur le corps de Charlotte. Aucune tumeur n'a été détectée. Mais la durée d'attente est longue et fastidieuse. « On attend toujours que le biologiste nous appelle pour savoir ce qu'on fait. Ils ont demandé les coordonnées de mes cousines, qu'elles fassent des prélèvements. Dans mon cas, par rapport au reste de ma famille, je suis chanceuse dans l'évolution de la maladie ».
Direction Barcelone
En juin 2018, le couple fait le choix de s'orienter vers l'Espagne dans une clinique de Barcelone. « Ce qui nous a motivés, c'est la lenteur de la France. Il faut attendre en 4 et 8 ans pour faire cette fécondation in vitro avec diagnostic préimplantatoire. On est nombreuses. Il a fallu refaire beaucoup d'examens avec des bilans sanguins, des tests sérologiques. Quand on a accepté le devis, ils ont trouvé une donneuse qui me ressemble. Le premier traitement a commencé en juillet 2018. J'ai dû l'arrêter dans l'urgence car je répondais trop au traitement. Le cycle passé, j'ai recommencé. Une heure avant le transfert, ils ont annoncé que les embryons n'étaient pas viables. Donc impossible de faire le transfert. Et puis le jour où je répondais bien au traitement, la pandémie est arrivée et on a dû tout arrêter ». Aujourd'hui, il reste deux embryons a Barcelone. Mais le coût est élevé pour réaliser cette PMA : un peu plus de 3 000 euros selon Charlotte. « Avec beaucoup d’examens non remboursés par la sécurité sociale, c'est difficile pour nous. On essaie de se soutenir mutuellement dans cette épreuve difficile mais on ne pourra pas y arriver seuls ».
 
Si vous souhaitez soutenir ce couple dans sa démarche, vous pouvez participer à la cagnotte en ligne créée dans le lien ci-dessous.
 

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