Pass sanitaire : côté restaurateurs, l'inquiétude grandit (aussi)

23 juillet 2021 - 13:47
Des craintes, des questions et finalement assez peu de réponses. Réunie en conclave ce matin à l'hôtel de France, une dizaine de restaurateurs gersois est venue évoquer l'instauration du pass sanitaire par le gouvernement, en vue de diminuer l'étendue du variant Delta, jugé plus virulent et très contagieux. Une mesure qui fait grincer des dents les professionnels du secteur, dans un département qui tient une partie de sa renommée pour son bon vivre et sa gastronomie. Relationnel avec le client, obligation vaccinale pour les salariés, quid des saisonniers? C'est le grand flou selon Arthur Pailhès, président de l'Umih 32. La réunion de ce matin devait avait des airs d'appel au gouvernement : les restaurateurs manquent d'outils pour faire respecter les règles sereinement. « Le restaurant, c'est l'endroit du pour et contre, là où on débat. Le lien social, c'est ce qui fait l’humanité et nous retrouver dans cette situation où on devra faire la police avec tous ces contrôles, cela s'avère difficile et contraire à notre profession. Il faut que la situation du vaccin soit gérée à priori par l’État et non a posteriori par les restaurateurs ». « On a pas le temps de convaincre les gens de l'utilité du vaccin, ce n'est pas nôtre rôle et nous n'en n'avons pas les compétences. Et quid des étrangers? Avec quel pass vont-ils pouvoir accéder aux restaurants? On a pleins de questions sans réponses et ce qu'on souhaite dire à la commission mixte parlementaire qui aura lieu demain samedi, c'est de nous donner des outils pour adapter ces obligations gouvernementales. Que cela se fasse par des phases, mais pas aussi brutalement. Si ce n'est pas entendu, on verra comment on peut réagir et construire quelque chose collectivement. Il faut finir l'été sans catastrophe économique ».
 
La question des ressources humaines inquiète aussi
A quelques jours du mois d'août, mois crucial pour la santé économique des restaurateurs, l'inquiétude est palpable. Pour Sylvie Grenier, la gérante du Comptoir des Colibris à Cologne, il faut anticiper une baisse de rentabilité. « Ces mesures vont engendrer une baisse de la fréquentation. On a anticipé en juin une arrivée des saisonniers pour répondre à la demande. Pour certains, les contrats iront même jusqu'à septembre. Mais là, nous ne sommes plus dans les prévisions que l'on faisait. Il faut anticiper une baisse de rentabilité, on ne sait pas si le personnel qu'on a embauché va être nécessaire donc ça aura un coût. On devrait être amenés à leur imposer la vaccination et s'ils ne veulent pas, on nous parle de les licencier. C'est difficilement recevable. Comment leur imposer ça? Et quid des indemnités? Nous-mêmes, en tant que gérants de nos entreprises, on ne sait pas tout. Alors comment leur expliquer les choses ? ».
N.M

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