Après le départ du colonel Sébastien Mahey vers la Bretagne, le groupement de gendarmerie tient son nouveau commandant, le colonel Philippe de la Forcade. Arrivé le 1ᵉʳ septembre dans le département du Gers, l'heure est aux « observations ».
Il vient tout juste de poser ses valises dans le département du Gers. Le colonel Philippe de la Forcade a pris ses fonctions de commandant de groupement de la gendarmerie du Gers « tardivement » après l'agitation des Jeux qui ont mobilisé les forces de gendarmerie aux quatre coins de l'Hexagone. Cet homme de 44 ans, père de quatre enfants, revient sur son parcours et évoque les objectifs de son « mandat » dans le Gers.
Pouvez-vous retracer en quelques lignes votre parcours ?
J'ai fait une école d'officier à Melun, en Seine-et-Marne et j'ai choisi de m’orienter vers les territoires et la sécurité publique. J'ai par la suite commandé une brigade territoriale dans le sud de la Vendée en apprenant les fondamentaux du métier de gendarme, un métier de l'humain et du relationnel. Je suis devenu commandant en second en Polynésie française, à Tahiti où j'ai vécu 4 ans puis dans le Finistère sud à Quimperlé, avec des thématiques riches qui se rapprochent de celles du Gers. C'est un territoire où il fait bon vivre, où les gens sont attachés à leur identité et la gendarmerie doit s'insérer dans le dispositif. On est les garants du vivre-ensemble : on se doit de comprendre leurs attentes tout en respectant l'égalité de tous face à la loi.
Vous êtes dans le Gers depuis quelques semaines. Vous avez cerné les problématiques liées à ce département ?
Elles se rapprochent de celles du Finistère : les atteintes aux biens, l'accidentalité, les stupéfiants ou encore les violences sexuelles et sexistes. C'est une priorité au plus haut niveau de l’État et le gendarme existe dans sa capacité à protéger les plus faibles. Chaque territoire est différent, mais on trouve ici quelque chose de riche dans l'humain, qui semble préservé. La responsabilité du gendarme est de mériter cette confiance, en étant à l'écoute.
Vous avez pu rencontrer les acteurs du territoire ?
Les acteurs économiques et sociaux, c'est au programme. J'ai vu des élus nationaux et locaux au gré d'une intervention, c'est encore une appropriation territoriale en cours, l'été a été marqué par les JO, mais je m'y engage avec tout le temps que j'ai aujourd’hui.
Vous connaissiez le Gers ? Quelle image aviez-vous du département ?
Une très bonne image, j'ai toujours eu une appétence pour le sud-ouest puisque ma famille est originaire de Toulouse. Une terre qui m'est chère avec des valeurs qui parlent : cet art de vivre, le goût de la fête et de cohésion sociale qu’on sent par le sport et les traditions.
Vous êtes dans le département depuis peu, mais vous êtes-vous déjà fixé des objectifs ?
Ils sont en cours de réflexion, c'est important de prendre le temps. Mais en première approche, c'est la mortalité routière, une préoccupation majeure. Les violences faites aux femmes et aux mineurs ou encore la protection des Gersois contre les atteintes à leurs biens. On mise sur la vigilance et la solidarité dans un territoire assez morcelé. Les informations remontent et nous permettent de casser des filières sur un territoire.
Vous avez pu échanger avec le colonel Mahey lors de la passation ?
Il m'a donné quelques conseils. Je suis venu ici en juin dernier et j’ai pris le pouls. J'ai pu voir l’organisation et on a la même approche de la sécurité du territoire. Ce sera plutôt une forme de continuité et je donnerai mon impulsion après mon intégration.
Que vous souhaiter pour votre passage dans le Gers ?
Non pas ma réussite, mais la réussite de la gendarmerie dans le Gers et la préservation de ce rapport entre gendarmes et population. Si on parvient à pérenniser cette relation de confiance, je crois qu’on aura réussi la mission.
N.M