Le Petit Caporal est à l'honneur ce vendredi 20h30 à Ciné 32. Dans le cadre de l'exposition du Coq à l'Âme, qui court jusqu'au 26 janvier, au tour d'une figure légendaire du rugby gersois et français de prendre la lumière autour d'une projection-débat sur un documentaire de Maxime Boilon.
« Fouroux a lui-même fait partie du système de cette époque avant d'en être la victime. Il a fini par disparaître du tableau, rejeté de tous, ou presque ». Jacques Fouroux, c'est peut-être Maxime Boilon, réalisateur du documentaire sur le légendaire numéro 9 gersois qui en parle le mieux, ce qu'il fera ce vendredi devant les spectateurs de Ciné 32. Son film d'une heure douze est loin du panégyrique. Ici point de rétrospective à froid où les ex-protégés du Petit Caporal viennent dresser un tableau immaculé du maître. Le documentaire, qui mêle images d'archive de matchs et d'interviews, présente la carrière de Fouroux en accéléré sans fard : tumultueuse, pleine d'un amour pour le jeu et ses hommes que le milieu ne lui rendait pas nécessairement.
D'Auch, où le jeune Jacques vit d'abord sa carrière patiner, à Auch, où il s'éteint en 2005, loin d'un rugby professionnel qu'il avait rêvé mais qui ne voulait plus vraiment de lui, Maxime Boilon affiche le franc-parler du Gersois face à ses (nombreux) contradicteurs. On compte probablement en un peu moins de quatre-vingt minutes plus de passes d'armes que de passes vissées d'un homme qui fut d'abord 9 de l'équipe de France lors du légendaire Grand Chelem 1977 avant d'en devenir le sélectionneur pendant la décennie suivante. Fervent précurseur d'un professionalisme que le rugby à XV refusa longtemps, Fouroux n'en aura jamais vraiment profité, mais résonne encore aujourd'hui alors que les polémiques sur l'entre-soi et l'arbitrage font florès. « Le rugby à XV a des difficultés d'image. Nous sommes quelques dinosaures à nous complaire dans l'imagerie populaire de ce jeu, à savoir que même si une mêlée avance de deux centimètres et demi, on y a trouvé un plaisir jubilatoire extraordinaire. Mais qui à part nous ? » interroge-t-il dans le documentaire.
Pour l'exposition du Coq à l'Âme, support de la soirée, l'évènement fait figure d'incontournable. C'est la mort de Jacques Fouroux qui vient clore le XXème siècle du rugby gersois vu par les Archives Départementales. Un choix logique tant la disparition de ce « dinosaure » marque dans le Gers la fin du rugby amateur du haut de l'affiche. Le professionnalisme, adoubé par celui dont le nom orne désormais la pelouse du Moulias, aura eu la peau de son F.C.A. Fouroux n'est pas à un paradoxe près.
C.P : Jacques Fouroux, documentaire de Maxime Boilon.
V.M