Drame de Laas-Tillac : deux organisateurs étaient jugés ce matin à Agen

06 octobre 2022 - 13:51
Deux organisateurs de la course de côte de Laas-Tillac (Gers) étaient jugés ce jeudi par la Cour d'appel à Agen pour des manquements dans l'organisation de l'événement. Trois bénévoles avaient perdu la vie, le 24 août 2014.
 
Sur les marches du palais de justice d'Agen, Virginie Marchand peine à masquer ses émotions. Elle sait qu'elle va affronter, devant la Cour d'appel, les deux organisateurs d'un rallye qui a bouleversé sa vie. Ce matin du 24 août 2014, un pilote de course fait une embardée lors des essais chronométrés. Sa maman, Josette Baldran, est fauchée mortellement. Deux autres personnes font partie des victimes. Virginie entame alors un véritable marathon judiciaire pour prouver la culpabilité des deux organisateurs de l'événement.
« Cette audience en appel est une phase importante du dossier, peut-être même décisive, témoigne Michel Lagaillarde, avocat de la partie civile. Tous les recours ne sont pas expirés, on est sur un appel qui peut être la fin du terme judiciaire. En tout cas, le parquet général a eu une lecture différente de son prédécesseur, en pensant que les fautes sur la question du positionnement des commissaires de course n'étaient pas suffisamment caractérisées pour les imputer. Il est évident que nous ne sommes pas face à des délinquants classiques. Mais l'important pour les parties civiles, c'est qu'il y a une reconnaissance de culpabilité, alors que pendant des années, on a essayé de faire peser la responsabilité des décès sur les victimes. C'est cela qui est insupportable », poursuit maître Lagaillarde.
Le ministère public a requis 10 mois de prison avec sursis contre Guillaume Bardot, le président de l’association du Club automobile Mirande Astarac (CAMA) et la relaxe pour Philippe Poitevin, le directeur de la course. « On peut penser que la Cour aura une lecture différente des réquisitions du parquet et confirmera le jugement en première instance », conclut maître Lagaillarde.
« Colère et tristesse remontent »
Après les réquisitions du parquet général, Virginie Marchand se dit confiante. « Je suis optimiste tout en restant sur mes gardes. Ce qui n'a pas été facile, c'est de revenir huit ans en arrière, de revoir toutes ces images défiler. De la tristesse et de la colère remontent à cet instant, mon avocat m'a conseillé de sortir à plusieurs reprises quand la partie adverse s'exprimait ».
 
La décision a été mise en délibéré au 26 janvier 2023.
N.M
 

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