Gers : le projet de parc photovoltaïque divise, un appel à la ZAD lancé

27 septembre 2022 - 09:50

Un projet de parc photovoltaïque divise quelques habitants du territoire de Haget et la municipalité de ce petit village niché aux portes des Hautes-Pyrénées. Le début des travaux est prévu à l'horizon 2023.

Il y a du rififi à Haget. Dimanche, une manifestation rassemblant une quinzaine de personnes s'est tenue devant la mairie de cette commune du sud du Gers, contre le projet d'un parc photovoltaïque d'envergure, à deux petits kilomètres de la municipalité. « Un projet vieux de dix ans qui toucherait sept hectares de prairie naturelle en zone agricole » selon Stéphane Cazaban, un apiculteur installé à Rabastens, non loin de là. « Ce qu'on dénonce, c'est que la mairie a déclassé ces prairies pour installer ce parc. Pour des motifs fallacieux, elle dit qu'aucun agriculteur n'était intéressé et que les prés sont marqués intégralement par des friches. C'est faux, je connais des agriculteurs de la commune intéressés pour faire de l'élevage. La mairie a toujours refusé, elle a organisé la déshérence du site pour laisser libre court à Cap Vert (NDLR : l'exploitant). Le temps nous rattrape et nous avons alerté un maximum de personnes, ce projet a été fait en catimini pour un bénéfice modique. Ce parc va appauvrir la richesse pollinique de mon rucher avec des carences pour nourrir les abeilles ». Selon Stéphane, la mairie toucherait un loyer annuel compris entre 12 et 13 000 euros.
 
Le maire réagit
Absent lors de la manifestation, le maire du village, Marzouque Raber, a tenu à clarifier la situation. « Parmi les quelques opposants, on trouve une personne qui est en cours d'expulsion. Elle a posé sa caravane illégalement sur un terrain qui touche le parc. Il y a aussi un couple qui a installé ses ruches près d'ici, mais ils ont acheté le terrain en sachant pertinemment que le projet de parc était déjà amorcé. Et un troisième qui ne veut pas que sa maison perde de la valeur. C'est tout ».
 
Le loyer perçu par la mairie de ce village de 300 personnes constitue, selon le maire, un revenu non négligeable pour la commune. « Nous n'avons aucune ressource, on se bat pour garder une école primaire, alors imaginez. Surtout que nous avons eu l'accord de 4 associations écologiques et l'association de chasse a obtenu ce qu'elle demandait. Il y aura des haies naturelles, un remplacement d'arbre arraché multiplié par deux, l’implantation de faisans sur le parc photovoltaïque. Si la chance pouvait nous sourire, le projet devrait commencer l'été prochain pour respecter le développement des espèces au printemps. On a été très touché par la grêle mais ces gens n'en ont rien à faire. Ils n'ont aucune idée de ce qu'est le fonctionnement d'une commune ».
Selon nos informations, une action juridique est actuellement en cours sous forme de recours gracieux. Il devrait déboucher sur un recours contentieux dans les jours qui viennent.
 
Une ZAD sur le site ?
Sur internet, plusieurs appels à la ZAD ont été lancés sur le site de l'Orchidée. « Ce sont des opposants au projet, reprend Stéphane Cazaban. Selon eux, c'est seul moyen d'interpeller les pouvoir publics. Il faut un débat pour éviter que ce soit anarchique. Là, on est encore dans le flou juridique ».
 
N.M

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