Le parquet d'Auch a requis jeudi 18 mois de prison avec sursis à l'encontre d'un professeur d'histoire-géographie, jugé pour agressions sexuelles sur quatre de ses élèves de 5e du collège Carnot. Le ministère public a également demandé au tribunal correctionnel d'Auch l'interdiction pour cet homme de 67 ans d'exercer toute activité en lien avec des mineurs pendant cinq ans, l'indemnisation des victimes, ainsi qu'une obligation de soin.
Il a toutefois requis la relaxe concernant des faits d'agressions sexuelles sur sept de ses élèves, car "non-caractérisés". "Il y a une certaine déception devant l'annonce des réquisitions du procureur de la République qui oublie sept victimes, considérant que les faits ne sont pas caractérisés. Ce que je retiens, et c'est là l'essentiel, c'est cette interdiction d'exercer", a affirmé à l'issue d'une longue audience l'une des avocates des parties civiles, Me Marie Gomes. Le prévenu, lui, s'est enfermé dans le mutisme en refusant de répondre aux questions de l'avocate.
La défense, représentée par Me Jacques Lévy (Photo), avocat du prévenu, s'est de son côté dite "très satisfaite des réquisitions", même si elle a regretté que le ministère public ne soit "pas allé au bout". "L'affaire méritait une relaxe totale. C'est un dossier trop dramatique pour mon client, et trop léger pour l'accusation. Mon client est exclu de la société depuis trois ans, rejeté et tristement médiatisé depuis la parution de certains articles".
Le sexagénaire, qui avait enseigné à Mayotte et à Madagascar avant d'arriver au collège Carnot d'Auch en 2014, avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en 2019 pour des chefs d'"agressions sexuelles sur mineures de moins de 15 ans", après des plaintes de 14 de ses élèves. Au final, seules 11 plaintes ont été retenues. L'enseignant avait par ailleurs été condamné en première instance à Madagascar pour "atteinte à la pudeur", puis relaxé après cassation par la cour d'appel de Tananarive.
Le délibéré sera rendu le 9 juin, à 13h30.
N.M