Conflit russo-ukrainien : "Notre peuple calme l'envahisseur, c'est du jamais vu"

03 mars 2022 - 10:46
Originaire de Dnipro au sud-est de l'Ukraine, Kateryna Vereshchak suit le conflit russo-ukrainien avec nervosité. Elle rage, angoisse, mais croit aussi à une désescalade des tensions depuis sa maison de Lias dans le Gers, à la frontière avec la Haute-Garonne. Arrivée en France en 2012, mère de deux enfants, elle fait ce qu'elle peut pour améliorer le quotidien de ses compatriotes. Des coups de fils à ses proches dans la banlieue de Kiev, des moyens logistiques pour aider les Ukrainiens en fuite via les réseaux sociaux, et jusqu'à contrer les fausses informations dont les Russes sont, selon ses propos, « victimes » quant à la réalité du conflit. Si elle espère que son « peuple va se libérer de l'envahisseur » elle ne peut s'empêcher de penser aux « gosses qui naissent dans les catacombes ». « J'ai des contacts et des informations en instantané, je connais la réalité du terrain. Mes proches m'envoient tout ».
 
« Moi, j'ai vécu la révolution orange en distribuant la soupe. C'était le début la révolte envers la Russie. Je sais ce qu'on défend et de quoi on est capable. On va se battre contre celui qui veut casser notre langue et la démocratie qu'on a construit. Zelensky a été élu démocratiquement par notre peuple, c'est le symbole des libertés, un héros à mes yeux. Nous sommes en train de gagner ».
 
Des nouvelles qui lui sont données du front par sa famille, ses amis, Kateryna croit au recul des forces armées de Vladimir Poutine. « Les Russes sont à l'arrêt car il n'y a pas plus d'essence et beaucoup d'entre eux se rendent. Ce sont des gamins, je ne sais même pas quel âge ils ont. J'ai reçu une vidéo d'un soldat russe qui s'est rendu de lui-même, il pensait que l'offensive était en fait une formation.  On a appelé sa mère pour la rassurer. Notre peuple calme l'envahisseur, c'est du jamais vu ». « Ce qu'on veut expliquer aux Russes, c'est que leur pays est dans le dur. Et c'est depuis la France que nous, on essaie d'envoyer les vraies informations aux Russes. Qu'ils comprennent que leur monnaie ne vaut plus rien, leur économie s'effondre à cause d'un malade mental. On voit le vrai visage de l'armée russe, ils mangent de la nourriture périmée, les militaires ne comprennent rien et ne savent même pas où ils vont. Voilà ce que c'est ».
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L'accueil de réfugiés dans le Gers, proposition saluée par les Ukrainiens
Sur les antennes de Hit FM Radio, le président du conseil départemental Philippe Dupouy du Gers, après une concertation quelques heures plus tôt avec la présidente d'Occitanie Carole Delga depuis le Salon international de l'agriculture à Paris, a annoncé que le département allait mettre à disposition des infrastructures pour accueillir les réfugiés d'Ukraine. Invitant par ailleurs les Gersois, « ceux qui le peuvent », à en faire de même. « Il n'y a pas de mot pour exprimer comment les Ukrainiens sont reconnaissants envers la France. Avec mon mari, évidemment que nous allons proposer notre logement pour ces réfugiés et on partage, on invite les autres Gersois à en faire de même ».
N.M

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