Au salon des maires à Paris, Michel Gabas à la rencontre de Willy Schraen, le patron des chasseurs

18 novembre 2021 - 16:56
Au salon des Maires à Paris, le maire d'Eauze, Michel Gabas, a pu rencontrer le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, au cœur de la polémique depuis quelques jours, entre sa « passion » assumée pour l'acte de chasse et l'idée d'instaurer une police de chasseurs. Le maire d'Eauze a néanmoins trouvé un socle commun avec Willy Schraen : la défense de la ruralité et des traditions.
 
 
 
Vous l'avez croisé récemment ?
Je l'ai vu au stand de la chasse à Paris et je voulais discuter avec lui. Le Gers est un département de chasseurs, surtout dans mon secteur. Donc on a causé un peu de tout.
 
«Nous c'est une passion, qu'on prend du plaisir dans l'acte de chasse ?». Sa déclaration a beaucoup fait parler. Qu'en pensez-vous ?
J'ai compris ce qu'il voulait dire. Je pense que dans tous les sujets, en particulier en période où les élections présidentielles approchent, il faut garder un certain sang-froid.  Quand il parle de passion, on connaît tous des chasseurs, c'est ce qui les fait lever tous les matins. On polémique aujourd’hui sur beaucoup de choses vous savez. Dans notre monde rural et gersois, la chasse fait partie des traditions. Évitons de caricaturer les chasseurs et tout ce qui vient de la ruralité.
 
La chasse soulève le débat à Paris ?
Oui, je me suis fait aborder par le parti animaliste et j'ai rapidement été caricaturé comme un viandard, roulant en diesel qui aime les corridas. On a des cultures et des traditions, il faut respecter ce qui fait notre identité. On m'a dit aussi d'arrêter de tuer des animaux pour se nourrir et aller vers viandes cellulaires. Mais bon, pour ça il faut des facteurs de croissance, des hormones et des antibiotiques. C'est un dialogue de sourds. La discussion s'est faite sans véhémence mais il y a deux cultures qui s'opposent. La culture progressiste où l'on ne mange plus de viande, plus de chasse, plus de diesel, plus de gavage. Tout l'inverse de ce qu'on vit en campagne.
 
Une scission s'est créée vous pensez avec le monde rural?
Je trouve que c'est un pan de ce qu'on peut vivre ici. Ça s'est accentué ce « Parisianisme », cet égocentrisme de grande capitale et de grandes métropoles. L’accès aux soins, c'est transversal. Les étudiants qui sortent des facultés veulent s'installer à Paris ou dans des grandes métropoles. On entend que ça, c'est une opposition de culture, un jacobinisme poussé à l’extrême. On centralise tout de manière verticale.
 
Et pourtant, ils sont nombreux à être venus en province pendant les périodes de confinement.
C'est un paradoxe. Ils sont venus, ont découvert autre chose. Ils sont contents de se mettre au vert pendant une crise sanitaire. Mais ils vous diront que la corrida ce n'est pas bien et qu'il faut des voitures électriques. On est sur une hypercentralisation du pays, sur des grands centres urbains. Le Covid a posé question mais sur le long terme, je n'y crois pas.
 
André Daguin était un pionnier en matière de défense de la ruralité. C'est un peu ce que vous essayez de faire aujourd'hui ?
Oui mais avec cette montée des métropoles et l'urbanisation de la société, il n'est pas de bon ton d'afficher ces valeurs. Il faut avoir un minimum de courage pour les assumer. 
 
Willy Schraen souhaite faire des chasseurs des policiers de proximité avec le pouvoir de dresser des procès verbaux, constater des flagrants délits pour lutter contre "la délinquance rurale et environnementale. Vous partagez son point de vue ?
Non, pas du tout. Chacun doit rester dans son rôle. Il faut bien recadrer et rappeler le rôle des chasseurs dans la régulation, la biodiversité. En dehors de ça, ils doivent rester à leur place. Ces problématiques relèvent de la gendarmerie ou de la police nationale ou des maires dans les communes. Il est parfois un peu excessif mais gardons notre bon sens.
N.M

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