Entretien avec Antoine Maurice, ce gersois, qui veut faire basculer l'Occitanie "dans le vert" aux régionales

25 janvier 2021 - 19:06
Il incarne pour beaucoup de millitants écologistes l'avenir des Verts. L’accueil qui lui a été réservé, samedi, à Auch, pour l'inauguration, d'un premier local de campagne pour Europe Écologie les Verts, le deuxième dans le Gers après Mirande, en témoigne. Après avoir frôlé la victoire lors des dernières élections municipales à Toulouse (48,12% des voix au 2e tour), le Gersois d'adoption, Antoine Maurice (39 ans), s'attaque à un nouveau défi de taille : les élections régionales qui devraient se dérouler en juin prochain. Désigné tête de liste des forces écologistes, il entend bien confirmer la "poussée verte"observée lors des dernières municipales. De "retour au pays", où il passé une grande partie de son enfance du côté de l'Isle-Jourdain, il en a profité pour dévoiler les premiers axes de son programme. Entretien.

Revenir dans le Gers, c'est toujours un moment particulier pour vous ... Quels sont vos liens avec le département ? 

“C'est mon pays, le Gers. J'ai grandi à L'Isle-Jourdain, et j'ai commencé mes pas en politique chez les Verts du Gers. Retrouver mes amis du groupe local du Gers, c'est retrouver ma famille et notamment ma grande sœur Fatma Adda (conseillère régionale EELV du Gers) avec qui j'ai fait mes débuts et militer. C'est donc avec une grande fierté que j'inaugure ce local à Auch. Cela montre l'ancrage de l'écologie dans le Gers et montre aussi le travail qu'on a pu collectivement mener ces dernières années.”

Vous connaissez donc très bien ce département, quelle est votre vision du territoire ?

"C'est un département qui est assez exemplaire je trouve. C'est notamment le 1er département de France en surface agricole en bio. Exemplaire également de l'évolution vers l'écologie. Il y a 20 ans, quand j'ai adhéré chez les Verts, on me disait être écolo dans le Gers avec les agriculteurs plutôt productivistes ou encore les chasseurs, c'est un peu compliqué. Alors qu'on voit aujourd'hui qu'il y a une vraie culture écologiste qui est bien développée sur le territoire."

Quels sont vos grands projets pour l'Occitanie ?

"On a trois grands axes. Le premier, c'est l'enjeu de l'économie. On veut démontrer par des propositions que l'écologie peut être le moteur demain d'une économie qui préserve et créée des emplois grâce à la transition écologique qui amènerait beaucoup d'emplois, que ce soit avec les énergies renouvelables, le bâtiment avec la rénovation énergétique, l'agriculture, l'alimentation. Nous comptons également sur la mutation industrielle demain qui va permettre de préserver nos compétences qui font la fierté de l'aéronautique peut-être vers d'autres productions sans perdre les emplois et les compétences. Le deuxième objectif, c'est de vivifier nos pays. C'est-à-dire de faire en sorte que les endroits où on décide d'être demain, on puisse à la fois y habiter, se cultiver, se divertir et travailler. C'est tout cet enjeu d'aménagement du territoire qui permet de ramener des services de proximité, de la culture, de l'emploi, dans l'ensemble des pays. Le troisième axe de notre programme c'est la santé, forcement lié à la crise sanitaire que nous connaissons aujourd'hui. Mais, plus largement nous souhaitons nous concentrer sur l'enjeu de santé environnemental qui doit être une vraie priorité dans nos politiques publiques. Avoir un air sain, des terres fertiles, une eau de qualité, ce sont des enjeux fondamentaux qui viennent interroger beaucoup des compétences régionales. C'est sur ces trois grands axes que dans les prochaines semaines nous développerons des propositions. Nous aurons quelques mois pour montrer que l'écologie n'est pas une politique parmi d'autres, mais c'est bien un cap qui doit irriguer l'ensemble des politiques publiques pour réellement répondre aux enjeux de lutte contre le dérèglement climatique, de perte de la biodiversité. Il nous reste moins de 10 ans, le temps presse et le temps de l'écologie est venu."

Vous souhaitez également davantage développer le transport ferroviaire, notamment dans le Gers ?

"Nous voulons une politique qui développe partout des alternatives à la voiture individuelle. Et, le premier axe c'est bien sûr le train à la fois voyageur, mais également le fret. Il y a de vrais enjeux à faire passer les camions qui aujourd'hui sont présents énormément sur nos autoroutes régionales vers le train. Nous voulons que la Région aille plus loin en s'appuyant davantage sur nos forces coopératives. Même s'il faut reconnaitre qu'il y a eu des avancées positives dans ce mandat dans le développement des lignes et la réouverture de lignes fermées. On est vraiment dans cette logique-là de pousser les curseurs au maximum. On souhaite également que la région se positionne sur les autres modes de déplacement et appuie les territoires pour développer des plans de déplacement à l'échelle d'agglomération ou de territoires ruraux pour permettre de développer le vélo, tous les outils de voiture partagée, d'autopartage, etc, qui permettent de donner des alternatives et des choix aux habitants, dont certains n'ont pas d'autres choix aujourd'hui que de prendre la voiture individuelle."

E.R

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