Le vieux pont de Pavie bientôt réparé et rouvert à la circulation

11 février 2025 - 13:51

Cible de nombreuses incivilités, dont la dernière en date en août 2024 avait conduit à sa fermeture temporaire aux véhicules en attente de travaux, le pont de Pavie va connaître une seconde jeunesse dans les semaines qui viennent (3-14 mars). Les véhicules pourront ensuite de nouveaux l'emprunter, moyennant quelques nouvelles restrictions.

« On pense qu'on a fermé le pont sur un coup de tête » regrette Jean-Michel Blay, le maire de Pavie. Conscient de la gêne occasionnée aux habitants depuis huit mois, l'édile tient quand même à rappeler que les incivilités se sont multipliées sur ce point de passage entre Pavie et Auch ces dernières années ; « le coup prochain c'est le parapet dans le Gers ». Le 8 août dernier, les autorités ont donc pris la décision de couper aux véhicules l'accès à l'édifice sept fois centenaire suite à la manœuvre trop cavalière d'un camion qui avait eu la bonne idée d'y forcer son passage vers la Nationale. Sans succès, au grand dam du vieux pont, classé aux monuments historiques, et endommagé par le poids lourd trop large.

« On essaye de rendre possible la compatibilité entre les deux statuts » plaide Jean-Michel Blay. Comprendre les aspects à la fois historique et pratique du pont tournant. Son statut protégé, quasi-unique dans le Gers, fait la fierté de la commune, mais rend le cahier des charges des travaux un peu plus complexe que d'ordinaire. Suite à la constitution du dossier avec un architecte du patrimoine, l'autorisation préfectorale est finalement tombée début décembre, encore un peu tôt pour envisager les travaux. Pour cause, les éventuelles périodes de gel de l'hiver ne font pas bon ménage avec le grès gorgé d'eau à sa sortie de la carrière. Ce sera donc pour début mars – du 3 au 14 – sous la conduite d'un artisan de la pierre local, Jean-Jacques Oderico.

« On ne sait plus faire ça »

Bien entaillé à son entrée, le pont va subir un petit relifting, une restauration « le plus possible à l'identique » clame le maître d'oeuvre. « Il ne faut pas tricher avec lui. Parce que si on trichait avec lui on tricherait avec nos ancêtres, ceux qui l'ont bâti. Il faut essayer de lui restituer l'authenticité qu'il avait avant ». Pour Jean-Jacques Oderico et son « successeur » Fabien Touquet, la quinzaine à l'ouvrage se fera dans un souci de cohérence avec le bâti ancien, pour le changement de deux pierres, et la greffe de deux autres.

Particulièrement remarquable de par sa structure « qui tourne », le vieux pont de Pavie offre une réminiscence d'un artisanat ancien au savoir-faire perdu dans les siècles. « On ne sait plus faire ça » reconnaît admiratif Jean-Jacques Oderico, prudent quant aux tenons et autres mortaises dont la solidité reste à éprouver. Armés d'un portique, les artisans bénéficieront d'un espace suffisant pour travailler ; l'espace destiné aux piétons et autres deux-roues faiblement motorisés étant réduit à sa portion congrue du 3 au 14 mars.

Un feu tricolore et deux buses pour tempérer les ardeurs

Pour éviter un mauvais remake du Pont contre le Camion, la réouverture consécutive à la fin des travaux sera assortie de plusieurs mesures dont la mise en place de deux buses de près de deux mètres et espacées d'autant, encadrant l'entrée de l'édifice (photo). Celles ci laisseront juste assez de place aux véhicules légers pour s'engager, à vitesse réduite, après le nouveau feu tricolore, qui empêchera les faces à face parfois houleux que pouvait occasionner l'absence de visibilité sur l'autre rive. Un feu de chantier classique d'abord, qui laissera peut-être place dans le futur à un outil plus recherché et plus en symbiose avec le monument protégé qu'il contribuera à protéger.

Côté coût de l'opération, la mairie évoque le total de 38 000 euros, couverts en partie et au départ par l'indemnisation de l'assurance. Des travaux sur la pierre aux divers diagnostics structurels qui accompagnent les travaux sur le monument classé. Début décembre c'est l'assise du vieux pont qui était constatée par des plongeurs et des scaphandriers descendus dans le Gers.



V.M

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