Une exposition-vente est mise en place cette semaine à Lannemezan pour récolter des fonds au profit d'enfants au Malawi. Elle se déroule depuis lundi jusqu'à samedi au service culturel de la ville. Les recettes de l'événement seront utilisées pour fournir des équipements et du matériel scolaire à des enfants habitant le Nkhotakota. Entretien avec Christine Fourteau, directrice du Local jeunes de Lannemezan.
Comment a été élaborée cette initiative ?
Ce projet de soutien a été initié par Ingrid Rouzaud conseillère municipale, et une élève de terminale au lycée de Lannemezan. Pourquoi le Malawi ? Pour plusieurs raisons, déjà il existe encore la traite des enfants, qui sont encore souvent obligés de travailler dans les terres agricoles pour que l'ensemble de la communauté puisse se nourrir. Puis les frais de scolarité sont assez élevés pour les familles.
Ces besoins nous ont été remontés par une école au Nkhotakota avec qui nous sommes en lien pour établir des correspondances avec les établissements scolaires de Lannemezan. On a quand même des partenaires qui ont voulu participer, notamment le Rotary, le collège, la Segpa et le lycée de Lannemezan, l'association des jeunes, les services municipaux et les ALAE de la ville, la communauté de communes et le restaurant La Siesta à Capvern.
Cette exposition fait partie d'un plus grand projet de soutien pour ces enfants malawites ?
Alors nous avons déjà mis en place une pièce de théâtre en février sur des contes africains, orchestrée par Nadia Berthe, professeure de théâtre. Mais c'est la première initiative où on récolte des bénéfices. La pièce de théâtre sera à nouveau mise en place en octobre, pour laquelle le Local jeunes a produit des décors. Ce sera à l'occasion d'une soirée sur le thème de l'Afrique.
Cette exposition est accessible pour toutes les bourses ?
Alors c'est varié, on a voulu que toutes les catégories sociales puissent contribuer à leur niveau. Donc les œuvres des enfants sont comprises entre 20 centimes et 20 euros. Puis les œuvres d'artistes qui sont plus chères. Un atelier sur la sculpture sur marbre sera mené samedi à 11 heures par Jean-Jacques Abdallah, qui ne peut pas exposer ses œuvres mais a voulu contribuer à sa façon. Ce sera suivie d'un vernissage ouvert à tous, à midi.
Dans un contexte de mobilisation générale pour l'Ukraine, pensez-vous que les gens sont justement plus solidaires et attentifs à ce genre d'initiative ?
C'est vrai qu'on s'était posé la question, se demander si ça n'allait pas faire doublon. Mais on sent que les gens sont sensibles à ces sujets. Notre constat a aussi été qu'il ne s'agit pas de la même mobilisation. Les ukrainiens vivent dans des conditions subies et qui découlent de la guerre, dont on espère un rétablissement au court terme. Au contraire, au Malawi, les conditions de vie sont les mêmes depuis des années, elles font partie du quotidien de la population et ne vont pas évoluer rapidement.
Tout ce qui ne sera pas vendu cette semaine sera à nouveau exposé à l'occasion de cette fameuse soirée sur la thématique de l'Afrique. En attendant, l'exposition est ouverte de 10 heures à midi puis de 14 heures à 16h30. Samedi ce sera ouvert de 10 à 13 heures puis de 15 à 18 heures.
N.B.