Les Hautes-Pyrénées s'apprêtent à accueillir cet été un afflux record de touristes. Le nombre de vacanciers dans le département l'été est en constante hausse depuis 2016. Une bonne nouvelle pour le département selon Isabelle Pélieu, directrice de Hautes-Pyrénées Tourisme Environnement. Entretien.
Comment estimez-vous cette hausse de la fréquentation pour cet été dans les Hautes-Pyrénées ?
A Hautes-Pyrénées Tourisme Environnement, en plus de nos missions classiques de communication et d'accompagnement des acteurs, on effectue également une activité commerciale de vente de séjours. Sur cette dernière on constate une nette augmentation pour l'été 2022.
Comment expliquez-vous que le niveau des réservations pour cet été est meilleur que l'année dernière, qui était pourtant déjà une très bonne année ?
Ça fait déjà quelques années, avant même le Covid, qu'on avait commencé à travailler sur une évolution de l'offre pour l'été. On est une destination de montagne, identifiée comme telle, et donc l'été nous avions une image élitiste. Beaucoup de personnes sont attirées par la montagne mais n'osent pas passer à l'acte et réserver un séjour. Ils estiment que c'est réservé aux personnes qui pratiquent des activités sportives. On a donc commencé à travailler en 2016 sur des circuits de découverte. Le but est de visiter les Pyrénées comme on visite un autre département sans être forcément un sportif de haut niveau ou un randonneur. Il y a ici chez nous des sites qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie comme Gavarnie, le Pic du Midi ou Lourdes. Il y a également un art de vivre qu'on a envie de partager qui s'appuie sur des produits du terroir, des bonnes tables, la rencontre avec des artisans ou des bergers. C'est grâce à ce produit-là que nous constatons depuis 2016 une augmentation de la fréquentation.
Et donc la crise sanitaire a facilité cette augmentation ?
Oui, le Covid est venu accélérer cette dynamique. La crise sanitaire n'a pas généré des baisses de fréquentation sur notre destination l'été, à l'exception de Lourdes. La fréquentation dans les Hautes-Pyrénées est en constante progression depuis avant le Covid. Il n'est pas question pour nous de retrouver la fréquentation de 2019, mais bien de continuer à la faire progresser.
Quelle est la provenance principale des touristes qui se rendent dans le département ?
Depuis le Covid on a recentré fortement la communication sur le marché français, on constate une clientèle très domestique et très urbaine. Notre premier bassin de clientèle l'été c'est le marché parisien. Ce sont principalement des gens avec un budget important, qui ont l'habitude de voyager. Nous voyons des couples mais également des familles. Ce qu'on remarque également ce sont des clients fidèles qui reviennent pour découvrir d'autres choses. Comme les contraintes du Covid se desserrent un peu on a relancé des communications sur les marchés étrangers mais pour l'instant on est plutôt sur le marché espagnol. On retournera l'année prochaine sur le marché anglais.
Comment anticipez-vous l'accueil de ces touristes ?
Il n'y a pas d'évolution spécifique de prévue en terme d'accueil. On a une fréquentation en progression l'été mais on n'est pas en sur-fréquentation. On ne vit pas des phénomènes de saturation sur plusieurs jours. Et c'est une bonne nouvelle que la fréquentation soit aussi bien répartie.
Comment les tensions de recrutement dans les métiers saisonniers pourraient affecter la saison ?
C'est clair qu'actuellement tout le monde constate cette difficulté à trouver de la main-d'œuvre. Chacun essaye de déployer des moyens à son niveau. Ça peut être les acteurs eux-mêmes qui facilitent les conditions d'accueil, qui trouvent les hébergements pour les saisonniers. Malgré toutes ces solutions proposées on constate encore des difficultés pour trouver du personnel. On n'en est pas non plus à se dire aujourd'hui qu'on ne pourra pas ouvrir certains sites faute de main-d'œuvre. C'est sûr que ça peut affecter parfois le service dans certains restaurants, dans l'hôtellerie, mais tous les acteurs essaient de trouver des solutions pour ne pas en dégrader le niveau.
Pensez-vous que le niveau de fréquentation du département va continuer à augmenter ?
Notre travail est de faire en sorte que la fréquentation et la consommation touristique soit la plus importante possible et qu'elle s'étale sur la saison pour permettre à notre territoire de vivre. On développe chaque année des actions pour faire en sorte de développer la venue de vacanciers. C'est très difficile de faire des prévisions, donc je me garderai de tout pronostic dessus. En tout cas, nous sommes un département très dépendant du tourisme. Il s'agit de notre première activité économique.
A.H