Hautes-Pyrénées : Le secteur du BTP en difficulté

03 mai 2022 - 13:38

Le secteur du BTP est de plus en plus impacté par les crises consécutives. Le président de la fédération du BTP des Hautes-Pyrénées Pierre Duplaa, a tiré la sonnette en raison des conséquences de la guerre en Ukraine sur un secteur déjà fragilisé par la crise sanitaire. Entretien.

A quelles difficultés fait actuellement face le secteur dans les Hautes-Pyrénées ?

Les Hautes-Pyrénées est un département relativement rural avec beaucoup de déplacements nécessaires pour l'activité du secteur. La hausse du prix du gazole est un sérieux problème. On a aussi des tensions au niveau des matériaux, sur le bois notamment, une grosse problématique, puis l'approvisionnement, les usines qui s'arrêtent, le métal et tous les éléments liés au pétrole. Les prix explosent de l'ordre de 170% pour certains produits.

Les chantiers sont donc ralentis et ça empêche d'avoir une visibilité pour les entrepreneurs, pour déterminer comment aborder les chantiers et leur rentabilité.

Donc dans les semaines à venir, quelles seront les conséquences à court terme ?

Il faut qu'on réussisse à quantifier la problématique, notamment au niveau de l'approvisionnement pour certains chantiers. Les différents retards qui s'accumulent ne permettent pas de donner de date de livraison précise.

Il faut protéger les entreprises du bâtiment, ce sont des emplois non délocalisables avec du potentiel pour l'avenir. On a vraiment de l'emploi pour les jeunes mais nous ne parvenons pas à pourvoir les postes. Si on avait une perte de l'emploi sur le département ce serait catastrophique. La guerre en Ukraine a un impact à court terme très fort sur le secteur, et plus ça va durer plus l'effet sera exponentiel sur le secteur. Il faut faire vivre ces savoir-faire.

Un secteur déjà fragilisé par la crise sanitaire.

Oui, on a eu une crise sanitaire avec un impact important. Ce qui est compliqué, c'est qu'on était parti dans une relance, il y avait de l'activité.

On est un secteur résilient, on a tout fait pour que ça tienne mais maintenant ça commence à faire trop.

Quelles seraient les solutions pour que le secteur ne soit pas trop fragilisé ?

On ne demande pas qu'on nous subventionne, mais qu'on nous donne un peu d'air pour rembourser les prêts dans les bonnes conditions, de continuer malgré tout aussi de continuer et développer notre activité. Personne n'a de visibilité sur la durée du problème. Nous aujourd’hui, on veut pouvoir sauver nos entreprises en travaillant. Donc on invite au maximum à solliciter les artisans et acteurs locaux.

N.B.

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