Gimont : le PSE à Latécoère prévoit la suppression de 50 postes

03 février 2021 - 06:35
L'aéronautique a du plomb dans l'aile. Par les effets de la crise sanitaire, le sous-traitant d'Airbus, Latécoère, enregistre 40 à 50 % de charge de travail en moins par rapport à l'an dernier. Un recul de production qui a poussé la direction à annoncer en septembre dernier un plan de sauvegarde de l’emploi aux salariés de l’entreprise. Après deux rounds de négociations, les discussions finales ont débouché avant-hier sur la sauvegarde de 229 emplois, sur les 475 initialement touchés par cette mesure. Sur le site de Gimont, 88 postes étaient menacés. 38 échapperont finalement au plan social. « C'est surtout le volet aérostructure qui est impacté par ce plan, indique David Castin, délégué syndical central de Force Ouvrière à Latécoère. Ceux qui sont essentiellement touchés par cette vague de départs sont des « cols blancs », la production sera moins touchée ». Management, séparation technique, amélioration de contenu. Tous ces secteurs sont les grands perdants du plan de sauvegarde initié par la direction. L'accord, co-signé par les syndicats de FO et la CFE-CGC, sera validé sous trois semaines par la DIRECCTE. « Ce sera compliqué pour ceux qui sont poussés dehors, ils savent que le marché de l'emploi est fermé. Une partie va tenter une reconversion mais ces gens vont être mis en difficulté. De notre côté, on essaie de se rapprocher des élus gersois pour trouver des solutions parce que là, ça va être un drame ».
 
Un PSE inévitable
La crise est telle au sein du sous-traitant d'Airbus, qu'envisager mieux dans la sauvegarde d'emplois au sein de Latécoère, paraît totalement illusoire. La charge de travail s'est réduite de moitié en un an et, même du côté des syndicats, on ne peut que déplorer les effets de la crise. « Le problème c'est que la charge de travail a vraiment trop baissé. L'APLD, l'activité partielle de longue durée, va permettre de garder quelques compétences pendant 24 mois, en espérant que les charges de travail remontent. Mais là, c'était dur de sauver tout le monde ». Si 2021 semble marcher sur les pas 2020, dans l'incommensurable tunnel de la crise sanitaire, le délégué syndical espère des jours meilleurs. « De toute façon, ce sera difficile de produire moins qu'aujourd'hui. On parle de la crise sanitaire comme seul facteur de ce PSE, mais ce n'est pas la seule explication aux problèmes économiques rencontrés actuellement. Il y a aussi cette guerre des prix faite par les donneurs d'ordre. On a déjà perdu 350 emplois à Gimont au profit de la Bulgarie, on n'arrive plus à conserver des postes en France ». 
 
La crise, révélatrice des limites de la mondialisation ?
« Repenser le modèle économique ». Le vœu pieux des syndicats n'a jamais été autant remis au cœur des débats que depuis le début de la crise sanitaire. « Recentraliser la production en France, l’État le souhaite et veut aider en ce sens. Mais les entreprises n'ont pas la capacité de le faire. Est-ce à l’État de consolider la sous-traitance, ou aux donneurs d'ordre de faire moins de marge pour créer plus d'emplois en France ? C'est la question. Il faut repenser tout le système, ou l'assemblage du pays va encore connaître des heures sombres à l'avenir ».
 
 
N.M

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article