Un pôle d'accueil des victimes va être créé au Centre hospitalier d'Auch. Dotée de trois unités spécialisées, cette structure va permettre d'améliorer la prise en charge des victimes de violence en leur proposant un accompagnement pluridisciplinaire (soins médicaux, soutien psychologique, démarches juridiques) dans un lieu unique.
C'est une "avancée majeure pour améliorer le parcours et la prise en charge des victimes de violences sur le territoire gersois" se félicite Clémence Mayer, procureure du Parquet d'Auch, à l'heure d'officialiser la création d'un pôle d'accueil des victimes au sein du Centre hospitalier d'Auch. Envisagé depuis plusieurs années, ce projet s'est accéléré ces derniers mois après la venue en mai dernier dans le département de l'ancien garde des sceaux, Éric Dupont-Moretti, qui a accéléré le déblocage des fonds manquants du Ministère de la Justice pour sa concrétisation. Ce nouveau pôle d'accueil des victimes, également financé par l'Agence Régionale de Santé d'Occitanie, entend proposer un recours de proximité aux victimes de violences de toute sorte, qu'elles soient physiques, sexuelles et/ou psychologiques. Dans ce lieu unique, les victimes pourront bénéficier d'une prise en charge pluridisciplinaire à la fois médicale, médico-légale, psychologique, sociale et juridique. La structure s'appuiera sur trois unités spécialisées dans la prise en charge des victimes de violences : une unité médico-judiciaire de proximité, une unité d'accueil pédiatrique pour l'enfance en danger (UAPED) et une "Maison des femmes".
L'ouverture dès novembre d'une unité médico-judiciaire avec la venue d’un médecin légiste au Centre hospitalier d'Auch
L'ouverture de ce Pôle d'accueil des victimes se fera de manière progressive avec la mise en place dès le début du mois de novembre d'une unité médico-judiciaire de proximité. Grâce à un partenariat noué avec l'unité médico-judiciaire du CHU de Toulouse, un médecin légiste se déplacera "une à deux fois par semaine" dans un premier temps sur le centre hospitalier d'Auch pour accueillir les victimes de violences pour des examens médico-légaux afin de recueillir des preuves à la demande de la justice. En plus des soins somatiques, un accompagnement psychologique, social et juridique sera proposé aux victimes. "L'ouverture de cette unité médico-judiciaire de proximité va permettre une prise en charge globale et coordonnée du parcours de la victime. L'autre avancée majeure, se situe sur le plan de la qualité de la preuve pour les procédures et de la qualité des constats médicaux qui vont permettre de constituer une réelle avancée pour la qualité des procédures" souligne la procureure d'Auch. "Il nous manquait cet outil dans le Gers, c'est vraiment une excellente chose que de pouvoir compter sur une unité-médico judiciaire sur notre territoire" souligne de son côté Didier Pier Florentin, le directeur départemental de l'Agence régionale de Santé dans le Gers.
L'unité ouvrira dans un premier temps sur le site de la Ribère. Elle sera transférée dans le courant de l'année 2025 de manière définitive dans l'ancien internat du Centre hospitalier d'Auch, qui va être entièrement réhabilité pour accueillir le Pôle d'accueil des victimes.
Deux nouvelles unités vont voir le jour en 2025
En 2025, et en suivant, le Pôle d'accueil des victimes va s'élargir avec l'ouverture de deux autres unités spécialisées. Dont une "unité d'accueil pédiatrique pour l'enfant en danger". Dédiée aux mineurs, elle offrira une prise en charge psychologique et médiale aux enfants victimes de négligences, de maltraitances ou de violences, ou en cas de suspicion de ces dernières. Une unité qui travaillera en étroite collaboration avec les services de protection de l'enfance et de la justice. Les femmes victimes de violences bénéficieront d'une « Maison des Femmes/santé ». Cette unité proposera un accompagnement pluridisciplinaire pour l'écoute, l'information, l'orientation et la prise en charge soignante des femmes victimes de violences. Un espace sécurisé visant à "faciliter le recueil de leur parole, leur accompagnement psycologoque et juridique, leur information et leur orientation vers divers partenaires (psychologues, médecins, associations d'aide aux victimes, policiers et gendarmes, tribunal, avocats). L'ensemble de ces structures collaborera avec le réseau associatif local (Association d'Aide aux Victimes et Mesures Pénales du Gers - AVMP32, Centre d'information sur les droits des femmes et des familles) et les partenaires institutionnels (Parquet, forces de sécurité intérieure, Maison des solidarités) dans un but commun : celui de proposer aux victimes de violences "une prise en charge globale et optimale."
E.R