Gers : "tous les jours on a au moins un patient atteint du COVID hospitalisé", face au rebond de l'épidémie l'hôpital d'Auch lance un appel à renforts

04 novembre 2020 - 17:47

"Les projections pour les prochaines semaines sont inquiétantes, respectez les gestes barrières, car on ne veut pas être amenés à trier les patients", les mots forts prononcés ce matin par la communauté hospitalière de l'hôpital d'Auch à l'occasion d'un point sur la situation sanitaire liée à l'épidémie de la COVID-19 au sein de l'hôpital. Ces derniers jours, le plan blanc a été rehaussé au niveau 4 au sein de l'établissement pour faire face au rebond de l'épidémie. Une nouvelle vague qui se confirme avec les derniers chiffres communiqués. Il y a actuellement autant de personnes hospitalisées et en réanimation au sein de l'hôpital d'Auch que lors de la semaine du 1er avril correspondant à la période de la 1re vague. Soit 17 personnes hospitalisées dont 3 en réanimation rien que pour le service COVID. Une situation qui risque de s'empirer de nouveau dans les prochaines semaines, c'est en tout cas la crainte de nombreux professionnels de santé du département, dont celle de la directrice de l'hôpital d'Auch, Sylvie Lacarrière. "Depuis plusieurs jours, nous avons quotidiennement des personnes positives au COVID-19 hospitalisées, on s'attend dans les 15 jours à venir à une augmentation de la prise en charge des patients ayant une pathologie liée au COVID+" déplore la directrice. Elle assure toutefois que l'établissement est prêt pour faire face à cette nouvelle vague. Entretien.

Comment évolue la situation au sein du centre hospitalier d'Auch face à cette crise sanitaire de la COVID-19 qui ne faiblit pas dans le pays ? 

Sylvie Lacarriere, directrice de l'hôpital d'Auch. "Aujourd'hui, on sent bien le rebond de l'épidémie. Tous les jours on a au moins un patient hospitalisé, soit en réanimation, soit en médecine COVID+."

Dr Jean-Claude Tran, responsable des urgences et de la régulation dans le Gers. "Nous accueillons les urgences COVID et non COVID, les 2 types. Nous avons une activité COVID qui augmente régulièrement avec une nécessité d'hospitalisation derrière qui augmente. Tous les patients testés positifs ne nécessitent pas une hospitalisation, mais il y en a une partie qui nécessite d'être gardé à l'hôpital pour une surveillance. À la différence de la 1re vague, nous avons une activité non COVID qui est maintenue, moindre, mais que nous continuons à assurer. C'est pour cela que nous demandons aux personnes dont l'état pourrait bénéficier d'une consultation de médecine générale de contacter leur médecin généraliste pour bénéficier d'une consultation au cabinet ou de téléphoner au 15 ou au 3966 pour avoir des conseils sur la conduite à tenir."

Peut-on qualifier la situation d'inquiétante ?

Sylvie Lacarrière, directrice du CH Auch. "Oui absolument. Nous sur le Gers, on n’est pas encore sur le pic, mais on s'y approche. Et on estime qu'on sera bien au-delà de ce qu'on a vécu lors la première vague et qu'elle risque de durer bien plus longtemps. Le confinement vient de démarrer, donc on s'attend dans les 15 jours à venir à une augmentation de la prise en charge des patients ayant une pathologie liée au COVID+ avec certainement une durée dans le temps. Mais on est prêt au niveau de l'établissement."

Dr Jean-Claude Tran, responsable des urgences et de la régulation dans le Gers. "Les projections sont inquiétantes. L'activité continue à augmenter sur le secteur COVID. Les projections prévoient une situation plus embêtante que celle qu'on a eue au plus fort de l'épidémie lors de la 1re vague."

Justement pour faire face à cette hausse de patients vous êtes à la recherche de renforts ? 

Sylvie Lacarrière. "On est à la recherche de personnels soignants tout au long de l'année. Mais effectivement davantage durant cette période. Cette crise sanitaire impacte également l'ensemble du personnel et notamment les soignants, on recrute donc du personnel soignant pour nos secteurs réservés au COVID et secteurs non COVID afin de compenser les absences."

 Est-ce que l'hôpital d'Auch est en mesure de faire face à cette nouvelle vague ?

Sylvie Lacarrière. "Oui, on fera comme pour la première vague. On va armer 10 à 12 lits de réanimation. On l'a fait pour la première vague donc on est prêt pour cette deuxième. En unité de médecine COVID, nous pouvons aller jusqu'à 24 lits dans un service et ouvrir un 2e service de médecine. Et ensuite dès la fin de semaine, comme cela était le cas en avril, on va ouvrir une unité de soins de suite et de réadaptation réservée aux patients encore Covid+."

Quels sont les messages que vous souhaitez adresser aux citoyens gersois ?

Sylvie Lacarrière. "Le message le plus important que j'ai à faire passer c'est de respecter les gestes barrières. Ce sont les seules mesures qui permettent de ne pas diffuser le virus autour de nous. Le Gers n'est pas du tout épargné par ce virus, donc il faut savoir se protéger, protéger les autres et penser aux soignants qui passent beaucoup de temps et d'énergie pour prendre en charge tous ces patients." 

E.R

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