Après les professionnels de la santé, c'est au tour du monde enseignant de ressurgir sur le front de la contestation sociale. Ils étaient une quinzaine de membres du collectif des "Black Profs", particulièrement actif avant le confinement pour dénoncer notamment la réforme des retraites et du baccalauréat, à se rassembler hier après-midi à Auch, devant l'inspection académique, dans le cadre d'un appel national lancé par différents syndicats enseignants. Ils ont notamment remis un cahier de doléances au directeur académique des services de l'Éducation nationale du Gers, Mathieu Bluegon dans lequel ils dénoncent la gestion gouvernementale de la crise sanitaire en matière d'éducation. Entretien avec Léah Tornare, membre des black profs et secrétaire départementale de Sud Education.
Vous avez remis à Mathieu Blugeon, Dasen du Gers, un cahier de doléances, quelles sont les raisons de votre colère ?
Léah Tornare. "Nos grandes doléances, c'est une mauvaise gestion de la crise, un manque d'accès au numérique que ce soit pour les enseignants ou pour certains élèves, donc la continuité pédagogique durant cette crise a été très complexe. Et ensuite l'absurdité des protocoles sanitaires mis en place, où on met la pression sur les directeurs d'écoles avec des directives contradictoires. Là on rechange encore pour les deux dernières semaines le protocole, donc c'est une surcharge de travail supplémentaire pour les enseignants.
Votre combat au final, comporte des similitudes avec le monde de la santé, avec notamment un manque de moyens dénoncé à de nombreuses reprises avant la crise lors de différentes manifestations et actions ?
Léah Tornare. "Oui effectivement, c'est exactement comme dans le domaine de la santé. La casse des services publics elle est générale. On avait fait plusieurs actions contre la réforme des retraites en lien avec le domaine de la santé, ce n'est pas pour rien. La santé comme l'éducation sont touchées par les suppressions de postes, le manque de budget, et cette crise a fait éclater au grand jour ces problématiques."
Qu'est-ce que vous demandez aujourd'hui ?
Léah Tornare. "Nos revendications, c'est une augmentation des salaires, le dégel du point d'indice, plus de moyens aussi dans nos écoles pour l'accès au numérique, mais pas que. Pour avoir aussi des petits groupes, donc plus d'enseignants pour prendre en charge au mieux les élèves et qu'ils réussissent tous.
Propos recueillis par E.R