Alors que la saison de football touche à sa fin dans le Gers, plusieurs incidents sont venus ternir la fin de saison. Des faits inhabituels sur les pelouses gersoises réputées pour leur convivialité. L'affaire la plus grave remonte au début du mois de mai. Lors d'un match entre Manciet et Pauilhac, en 1re division départementale, un arbitre a été agressé physiquement. Dans un match sans enjeu, alors qu'il restait quelques minutes à jouer, un joueur a asséné un coup de poing au visage de l'arbitre central. Une plainte a été déposée. L'affaire est dans les mains de la justice et de la commission de discipline du district du Gers, qui doit statuer sur le dossier dans les prochains jours.
2 matches arrêtés en un week-end pour des faits de violences
Une agression physique couplée également ces dernières semaines à plusieurs actes d'incivilités. Agressions verbales, menace de mort sur arbitres, bagarres entre joueurs : les incivilités se sont multipliées en cette fin de championnat sur les pelouses gersoises, entraînant notamment l'arrêt de deux matches lors du premier week-end de mai. Une situation qui a poussé les arbitres à poser symboliquement le sifflet, le temps d'un week-end, en guise de contestation. Un acte fort, pour lequel, ils ont reçu le soutien de Claude Requena, le président du district du Gers. Le représentant du football gersois condamne avec la plus grande fermeté les événements de ces dernières semaines.
“Cette agression physique sur un arbitre ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Même si on avait le sentiment depuis le début de l'année qu'il y avait une hausse des incivilités sur nos pelouse. Ce qui est très étonnant, car le Gers était jusqu'alors très épargné. Il y a encore de ça quelques années, quand on avait un dossier de violence en instruction voire deux, c'était un événement. Là, on se retrouve sur un même week-end en mai à trois dossiers plus deux qui étaient déjà en instruction. Dans cette liste, il faut rajouter des événements dans les plus petites catégories d'âge où les parents ont un comportement qui devient compliqué et très difficile à gérer.”
Le président du district du Gers pointe du doigt l'attitude de certains footballeurs professionnels envers les arbitres
Alors, comment expliquer cette vague soudaine de violences dans le district du Gers, plus réputé pour ses troisièmes mi-temps que pour des faits de violence ? Difficile à expliquer pour Claure Requena, qui émet toutefois quelques hypothèses :
"C'est un fait de société qui se propage malheureusement sur l'ensemble des districts du pays. Je discutais récemment avec mes collègues d'Occitanie, ils ont les mêmes problématiques. On va faire un courrier à la ligue de football amateur et à la fédération française de football pour faire remonter nos inquiétudes face à ce fléau. Après les deux ans de crise sanitaire de la COVID-19 qui a forcé le football amateur à l'arrêt, on pensait que les licenciés allaient être enchantés à l'idée de rejouer au football. Mais, finalement cette excitation de reprendre chez certains s'est transformé en défouloir."
Le président du district du Gers, ancien président du club de foot de l'Isle-Jourdain, cible également certains footballeurs professionnels et dirigeants de Ligue 1, qu'ils accusent de véhiculer une mauvaise image sur les terrains et à la télévision auprès des arbitres :
Le district du Gers serre la vis et annonce des mesures supplémentaires pour éradiquer ces violences
Pour éviter que de telles images se reproduisent sur les pelouses du département la saison prochaine, le district entend renforcer sa prévention auprès des acteurs locaux du football. Plusieurs mesures vont être mises en place la saison prochaine annonce le président du district :
"Suite à ces événements graves, nous avons réuni tous les présidents de club du département en urgence. Cette réunion a débouché sur la mise en place d'une charte d'engagement moral que les présidents vont signer et faire partager à tous leurs licenciés. On ne peut pas s'arrêter qu'à la sanction. Aux côtés des clubs, des arbitres, on va également mettre en place des actions pour valoriser le fair-play. On va réactiver la convention que l'on a avec le Parquet d'Auch, le syndicat des Arbitres l'UNAF, et le district, pour aller dans le même sens qu'eux et se porter partie civile dès le moindre incident. On va faire en début de saison des réunions entre les éducateurs, les entraineurs, les présidents, les arbitres par division, pour que les gens se connaissent. Quand on se connaît, c'est peut-être plus difficile d'avoir un comportement désobligeant. Ce qu'on va faire aussi la saison prochaine, c'est avant chaque rencontre, instaurer un moment d'échange de 10mn entre les deux clubs, les deux présidents, les arbitres, pour que les rencontres se déroulent dans un climat apaisé, et éviter de tels débordements comme on a pu voir ces dernières semaines."
Des arbitres de moins en moins nombreux sur le Gers
Acteurs essentiels et indispensables d'un match de football, les arbitres restent trop peu nombreux sur le département. Le district compte une trentaine d'arbitres, un chiffre insuffisant pour proposer une couverture arbitrale tous les week-ends sur chaque pelouse du Gers. Le district cherche à donc à renforcer ce nombre en vue de la saison prochaine. Si vous souhaitez vous devenir arbitre : https://occitanie.fff.fr/formation-arbitres/