À l'initiative des dirigeants du Rugby Club Auch, une action de sensibilisation sur les dangers de l'usage de produits stupéfiants et de l'alcool était organisée hier après-midi, auprès des jeunes rugbymans du club. Avec divers ateliers animés par les forces de l'ordre, le SDIS 32 et les services de l’État.
"On préfère prévenir, plutôt que guérir, car il est parfois trop tard", Guy Sorbadère, co-président du Rugby Club Auch (RCA), est l'un des "artisans" de d'une action de sensibilisation menée auprès des jeunes joueurs du club ce mercredi 8 janvier, autour des conséquences de la consommation d'alcool et de stupéfiants. Deux fléaux qui n'épargnent pas le monde du sport, notamment celui de l'ovalie. Ces derniers mois, plusieurs affaires en lien avec des consommations addictives sont venus entacher la réputation du rugby français.
Face à ces scandales, la Fédération Française de Rugby a durci le ton et annoncé ces dernières semaines de nouvelles règles et sanctions pour mettre fin aux excès des troisièmes mi-temps. Avec notamment « l'interdiction au sein des équipes nationales de l'ensemble des divertissements basés sur la consommation d'alcool», ou encore la mise en place de contrôles réguliers visant à détecter la présence de stupéfiants lors des rassemblements.
Les accidents de la route principale cause de mortalité chez les 18-24 ans
Au niveau amateur, si ces nouvelles règles ne sont pas dupliquées, le sujet des troisièmes mi-temps et de ces dérives, notamment chez les plus jeunes, reste pris très au sérieux par de nombreux clubs. C'est le cas au sein du RCA. Plusieurs jeunes de l'école de rugby et de son centre d'entraînement labellisé par la FFR ont pris part mercredi après-midi à une série d'ateliers organisée dans l'enceinte du club, animés par des policiers - gendarmes - pompiers et des agents de la prévention routière. En présence de Julie David, la directrice de cabinet de la Préfecture du Gers, qui a tenu à alerter dans son discours les jeunes rugbymans sur les chiffres alarmants en matière de sécurité routière, impliquant les jeunes conducteurs, avec à l'origine, dans près d'un quart des accidents mortels chez les 18-25 ans : une prise excessive d'alcool.
«Ce n'est pas moins de vingt-trois jeunes entre 15 et 24 ans qui meurent sur les routes chaque semaine en France. Différentes causes sont à l'origine de ces accidents : l'inexpérience de la conduite pour les jeunes conducteurs, mais également des facteurs humains qui eux peuvent être évités, comme la vitesse, l'alcool ou encore les stupéfiants", soulève Julie David.
Des parents pas toujours exemplaires dans les tribunes et lors des 3e mi-temps
Une prévention qui devrait également s'étendre aux parents des jeunes joueurs selon Guy Sorbadère, le président du RCA. Des parents qui n'affichent pas toujours un comportement exemplaire en tribunes et lors des troisièmes mi-temps. « Tout récemment, le père d'un nos jeunes joueurs nous a engueulé car on avait interdit à son enfant de 14 ans de prendre une bière à la buvette. La lutte passe aussi par les parents. Il n'y a pas que des excès avec des jeunes, il y a aussi des dérives impliquant les parents. On a des entraîneurs qui se font gifler et incendier sur le bord de la touche. Certains rentrent sur le terrain pour demander des comptes aux entraîneurs car leurs enfants ne jouent pas. Il faut mener un vrai travail collectif dans les clubs, qu'il y ait une vraie prise de conscience, c'est vital pour l'avenir de notre sport", note le dirigeant auscitain.
Des jeunes joueurs auscitains se forment aux gestes de premier secours
Cette journée de prévention, Julie David, la directrice de cabinet de la Préfecture du Gers, souhaite désormais l'étendre à d'autres clubs sportifs du département, également concernées par ces problématiques. Elle lance un appel aux volontaires.
E.R