Face à l'explosion des tarifs des carburants agricoles, des jeunes agriculteurs du Gers occupent un dépôt pétrolier près de Toulouse

16 mars 2022 - 10:02
Hausse des énergies, du carburant, des engrais, la fièvre monte chez les agriculteurs gersois face à l'explosion des charges agricoles. Et ils ont décidé de se faire entendre aujourd'hui en Haute-Garonne. A l'appel des Jeunes Agriculteurs d'Occitanie plusieurs centaines d'agriculteurs sont actuellement rassemblés devant le dépôt pétrolier de Lespinasse en Haute-Garonne pour dénoncer la forte augmentation du coût des matières premières et notamment du Gazole non-routier utilisé pour les tracteurs. Son prix a quasiment doublé en quelques semaines. Une trentaine d'agriculteurs gersois se sont joint à cette action dont Xavier Duffau, président des Jeunes Agriculteurs du Gers, qui tire la sonnette d'alarme sur la situation. Entretien. 
 
Quelles sont les raisons de votre colère ?
"On subit aujourd'hui une augmentation de toutes les matières premières. Au-delà de ces hausses, il y a également une vraie incertitude sur nos approvisionnements de ces matières premières et sur les fluctuations qu'il peut y avoir. Cette incertitude nous pénalise pour mener à bien nos travaux et pour mener à bien notre mission celle de produire des denrées alimentaires pour nourrir la population. Aujourd'hui, on arrive à un ras-le-bol chez beaucoup, il faut le dire. A cela, se rajoute pour la filière avicole, la crise de l'influenza aviaire et les nombreuses incertitudes également autour. C'est beaucoup de choses qui pèsent sur notre profession et qui amènent du doute quant à l'avenir de notre métier."
Une de vos préoccupations majeures est la hausse des prix du carburant, notamment en ce qui vous concerne le Gazole-non-routier qui est utilisé pour les tracteurs, expliquez-nous ? 
 
 
Le conflit en Ukraine n'a fait qu'empirer les problématiques ... 
"On est un peu victime collatérale de ce conflit. Même si je tiens toutefois à peser les mots. La situation en Ukraine est dramatique, on parle là d'une guerre avec des victimes, donc il faut savoir faire la part des choses. Mais sur un point de vue économique, on fait partie effectivement des dommages collatéraux avec une hausse de toutes les matières premières depuis le début du conflit. Cette hausse générale des charges n'est toutefois pas nouvelle. On y fait face depuis la crise de la COVID-19 et la guerre en Ukraine n'a fait qu'empirer les choses."
Est-ce que vous craignez que ce contexte empêche l'installation de jeunes agriculteurs sur le département ? 
 
Cette hausse des charges va-t-elle se répercuter sur le consommateur ? 
“On veut à tout prix éviter ça. Notre objectif ce n'est pas que le consommateur paye toujours plus cher. On souhaite produire pour nourrir la planète. Il faut que l'alimentation de qualité reste accessible, surtout que le pouvoir d'achat des Français est mis à mal en ce moment. Augmenter les prix de nos produits, ce n'est pas tout le temps la solution. Mais si la situation perdure et que l'inflation se poursuit, on sera obligé de passer par là. Ce qui passe en ce moment tant pour nous producteur que pour les consommateurs, c'est assez irrationnel.”
 
Cette action de blocage du dépôt pétrolier de Lespinasse est amené à durer, que demandez-vous au gouvernement pour lever le camp ? 
"Le gouvernement doit annoncer prochainement un plan de résilience. On demande vraiment à l'Etat d'apporter des aides directes et concrètes aux exploitants et aux éleveurs pour faire face à l'augmentation des charges. On demande notamment un prix du GNR bloqué à 1€/litre et une exonération des charges sociales et patronale.
E.R

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