Déconfinement : le judo toujours cloué au tatami

24 juin 2020 - 03:50
C'est l’incompréhension. Dans sa quête du déconfinement et d'un retour à la vie normale, le gouvernement n'autorise pas -à l'heure actuelle- un retour des judokas sur les tatamis. La discipline n'est pas la seule à faire les frais de la covid-19, d'autres sports de contact comme la boxe, le karaté ou encore le ju-jitsu doivent eux aussi attendre les directives du gouvernement, le 11 juillet prochain, qui devrait statuer -ou non- sur la reprise de ces sports de contact dans le monde amateur. A l'inverse du football et du rugby, sports de contact eux aussi, qui sont déjà autorisés à reprendre. « C'est un sentiment d'injustice, déplore Pascal Roustit, le président de la Fédération de judo du Gers. Je suis conscient de la crise que nous traversons et conformément aux règles mises en place, on a tout arrêté en mars, comme les autres. Au début du déconfinement, la Fédération a instauré des protocoles en fonction de la situation. Par exemple, il y a des séances organisées en extérieur avec une distanciation de 4 m par judoka. Mais aujourd'hui, quand on voit les autres sports reprendre, on se sent laissé pour compte. Le judo c'est un juste un adversaire. Dans une mêlée au rugby, c'est bien plus. »
"Matte"
Ce qui agace d'autant plus Pascal Roustit, c'est que le judo est selon lui un sport sanitairement discipliné. « Chez nous, on nettoie le tapis régulièrement, les mains sont lavées avant de rentrer sur un tatami. L'incertitude, elle vient de la vox populi si je puis dire. Si on rencontre de nouveau des clusters, on en paiera les pots cassés, on fait partie des sports à risque. On navigue à vue c'est clair. On va attendre la fin de l'état d'urgence sanitaire. Si la crise évolue dans le bon sens, on va reprendre nos activités. Et s'il faut appliquer des règles drastiques, on espère pouvoir reprendre les confrontations. » Plus de discipline et donc un manque de visibilité à venir ? "Négatif" répond Pascal Roustit. « Je n'y crois pas vraiment. Les gens vont continuer à vouloir pratiquer, ils ne vont pas abandonner leur passion. Mais on aura des contraintes et ça risque d'attirer beaucoup moins de monde à la reprise entraînant une perte d'adhérents ». Reste à savoir si la survie des clubs est menacée. « Oui elle l'est, nos enseignants ne travaillent plus ou presque plus depuis trois mois. Les subventions de l'Etat se rapprochent du néant et la vie des clubs passe essentiellement par les adhérents. Les trésoreries pour l'instant n'ont pas trop souffert mais il ne faut pas que ça dure plus longtemps que ça ». Dans le Gers actuellement, 1750 personnes pratiquent le judo.

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