Dans le Gers, le paysan de Baylac fait des vidéos pour défendre le gavage et redorer l'image des éleveurs

05 février 2021 - 06:00
Dans la ferme de Baylac, Antonin Penche, un jeune éleveur de 30 ans dont l'exploitation se situe à Lartigue au sud d'Auch, se prête depuis le début de la crise sanitaire au jeu de la publication de contenus sur sa page Facebook « Le paysan de Baylac ». Une démarche qui vise à redorer l'image du gavage, une pratique souvent pointée du doigt ces dernières années par les associations de défense des animaux.
 
 
Publier le quotidien de son métier d'éleveur dans le Gers, c'est assez peu commun ?
L'idée est venue de la crise de la Covid-19 et de son ambiance. On était confinés, je me suis dit que les gens seraient peut-être intéressés de voir la réalité de l'élevage. Du coup, je publie selon mes disponibilités. Je suis une bande de canards depuis octobre dernier et je partage leur évolution. La phase d'élevage pendant 12 semaines puis la période de gavage. Là, je me tâte à montrer le déroulé jusqu'à l’abatage. Évidemment, on tue les animaux et ce n'est jamais agréable. Mais la pratique n'est pas choquante.
 
Peut-on vraiment concilier gavage et bien-être animal ?
Si mes canards n'étaient pas biens dans mon élevage, je ne les garderais pas. Comme je le dis dans une de mes vidéos, les animaux, c'est une passion. Personne n'aime plus les animaux que les éleveurs. Pour vous dire, je passe 10 heures par jour avec les bêtes et une heure avec mon fils. L'idée est de communiquer de façon positive sur le métier d'éleveur.
 
Quels retours avez-vous ?
Très positifs. Même si une petite tranche est dans la critique. Ils sont souvent issus d'une association de défense des animaux, bien connue. Sur le terrain, le stand de mon père avait été bloqué à Montpellier, ils l’empêchaient de vendre ses produits. On avait eu un débarquement à Samatan aussi. Le dialogue était impossible.
 
Vous regrettez ce manque d'échanges ?
Complètement. Mais je considère que ce n'est plus la peine d'essayer de discuter. Ce que je veux faire dans mes vidéos, c'est montrer la réalité de l'élevage et apporter des réponses aux gens qui se posent des questions sur la viande qu'ils vont manger. C'est très actuel. On peut produire de la viande tout en étant respectueux du bien-être animal et de l'environnement.
 
Vous évoquez aussi l'épizootie de grippe aviaire qui une nouvelle fois malmène les éleveurs ?
On essaie d'en parler. Il y a une grosse solidarité avec tout l'ouest du Gers, une frontière s'est créée dans le mode de contamination si l'on trace une ligne de Condom à Marciac. Les éleveurs de l'ouest ont mis beaucoup de restrictions pour éviter que le virus ne se déporte vers l'est. Je leur tire mon chapeau.
Pour suivre les pratiques d'élevage d'Antonin Penche sur Facebook, rendez-vous sur ce lien
N.M
 
 

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