COVID-19 : « ne renoncez pas aux soins », le cri d’alarme des professionnels de santé gersois

20 avril 2020 - 03:35

C’est une donnée qui a de quoi inquiéter et qui a été soulevée hier par le Premier ministre Édouard Philippe lors de son allocution télévisée : depuis le début de la crise sanitaire, les médecins généralistes français ont enregistré une baisse de fréquentation de l’ordre de 40%, 60% pour les médecins spécialistes. Une désertion des cabinets médicaux expliquée en grande la crainte des patients de contracter le virus ou de déranger les médecins. Une forte baisse des consultations constatée également dans le Gers, par les 300 médecins libéraux que compte le département. Ces derniers s’inquiètent du manque de suivi de leurs patients habituels atteints de maladies chroniques (diabète, hypertension…), qui en ne venant plus se faire consulter : mettent leur vie en danger.

Les cabinets sont désinfectés 2 à 3 fois par jour

La docteur Catherine Cancio, présidente du conseil de l’Ordre des Médecins du Gers, demande aux patients gersois de poursuivre leurs soins auprès de leurs médecins. Elle tient également à rassurer les citoyens les plus craintifs : tout est mis en œuvre dans les cabinets sur le volet sanitaire pour garantir leur sécurité. « Nous avons fait dans la plupart de nos cabinets, des filières chaudes et froides. Les filières chaudes ce sont les patients qui sont à risques, qui présentent des signes infectieux et qui sont pris en charge tout de suite dans des conditions sécurisées, dans une salle d’attente particulière. Et, les autres qui peuvent être vus de manière classique dans nos cabinets et salles d’attentes qui ne seront pas infectées. Les cabinets sont bien désinfectés, 2 à 3 fois par jour avec toutes les mesures de précaution prises pour éviter l’infection du COVID-19", souligne la docteur auscitaine.

Les infirmières libérales également la cible de cette crainte

Son de cloche similaire du côté des infirmières libérales. Équipées pourtant désormais de tous les équipements nécessaires (masques, surblouses) pour effectuer les soins en toute sécurité, elles constatent depuis plusieurs jours et l'annonce de la prolongation du confinement pour un mois supplémentaire, une peur renforcée chez certains de leurs patients qui hésitent à les laisser rentrer, par crainte d’être contaminé. « La peur s’est installée, déjà depuis plusieurs semaines. Et là, la prolongation du confinement entraine des difficultés auprès des personnes les plus fragiles, notamment psychologiquement. Et, c’est vrai que quand l’infirmière libérale arrive au domicile avec son masque, sa blouse, il y a cet effet-là qui peut faire peur et la crainte d’être contaminée alors que les infirmières aujourd’hui sont complètement équipées pour effectuer les soins en toute sécurité », témoigne Julie Ribet, vice-présidente de l’ordre des infirmières du Gers. 

« Il n’y a aucun retard dans les remboursements des actes médicaux », prévient la CPAM du Gers

L’un des autres motifs de cette désertion des cabinets médicaux en cette période de crise sanitaire : la crainte pour certains patients de ne pas être remboursé. Un sujet sur lequel il n’y a pas matière à s’inquiéter selon Bernard Servaud, le directeur de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie du Gers. « Il n’y a aucun retard dans les remboursements actuellement. Et, je dirais même que pendant cette période-là, il y a eu un élargissement du remboursement à 100% notamment pour les femmes enceintes, pour les personnes qui sont en infection longue durée », informe le directeur de la CPAM. Reportage complet à retrouver dans nos éditions de la matinée.

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