COVID-19 : 73 millions d'euros de pertes estimées, le cri d'alarme du patron des hôteliers-restaurateurs-cafetiers du Gers

23 avril 2020 - 12:54

Alors que de nombreux Français commencent à entrevoir le bout du tunnel avec l’annonce d’un déconfinement progressif dès le 11 mai, eux restent en plein doute : les cafetiers, restaurateurs et hôteliers. Depuis plus d’un mois face à cette crise sanitaire, les établissements gersois ont été contraints de baisser provisoirement le rideau. Et la situation n’est pas près de s’arranger, puisqu’ils ne devraient pas pouvoir accueillir de public pendant encore de nombreuses semaines. Avec des conséquences dramatiques pour certains, qui pourraient tout simplement fermer boutique. Arthur Pailhès, président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie du Gers, tire la sonnette d’alarme, alors que le secteur a déjà perdu plus de 25% de son chiffre d’affaires, soit 73 millions d’euros. "La situation actuelle est forcément catastrophique. Sur le Gers, c'est plusieurs dizaines de milliers d'euros de chiffre d'affaires qui sont perdus chaque semaine. La crainte aujourd'hui, c'est de savoir combien d'établissements vont pouvoir résister à ça ? Combien vont fermer ? Derrière, c'est des familles, des gens qui portent leurs entreprises depuis des dizaines d'années, des entreprises familiales de plusieurs générations, qui se retrouvent en un mois à peine en péril, et qui vont devoir fermer pour certaines déjà."

Prêt garanti par l'État : "il faut être fou pour s'endetter alors qu’on ne sait pas du tout comment on va rembourser"

Arthur Pailhès, également propriétaire du restaurant "le bouche A Oreille" à Simorre, dénonce le manque de clarté du gouvernement dans cette crise sanitaire avec des mesures pour l’heure loin d’être adapté pour le secteur, notamment concernant le prêt garanti par l'État. "Quelle que soit la date de réouverture aujourd'hui, on ne sait pas du tout dans quelles conditions ça va se passer. On n’a aucune idée de savoir, si on va avoir 20, 30 ou 50% de notre clientèle. Donc cette stratégie de l'État, qui dit, il faudrait que le coût de la crise soit supporté par nos petites entreprises en faisant des emprunts auprès des banques, c'est une stratégie qui est très dangereuse, parce que quand la saison va être passée, qu'on va arriver à l'hiver, on n’aura pas les sous pour rembourser, donc comment on fait ? 

Réouverture le 15 juin ? "Je pense vraiment que pour l'avenir on est capable de rouvrir beaucoup plus tôt que ce qu'on imagine"

Les interrogations sont nombreuses pour les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration. Parmi elles, quand seront-ils autorisés à rouvrir et dans quelles conditions ? Alors que des rumeurs récentes font état d’une possible réouverture des bars dès le 15 juin, aucune date officielle n’a pour l’heure été confirmée par le gouvernement. Arthur Pailhes, espère l’élaboration rapide d’un protocole sanitaire afin de permettre une réouverture rapide des établissements et ainsi limiter au maximum la casse. "Il y a des choses à construire, d'autant plus que l'été, beaucoup de repas se font à l'extérieur. Et donc, il y a des choses à inventer par rapport aux espaces de distanciation qui peuvent être faisables et se concerter avec les communes sur les espaces de terrasses pour les agrandir et avoir plus de sécurité là-dessus. S'il y a des métiers qui sont très bien formés en hygiènes, c'est bien les nôtres. Donc j'estime qu'on est tout à fait capable de construire des protocoles assez simples et sécurisants pour les clients. Je pense vraiment que pour l'avenir on est capable de rouvrir beaucoup plus tôt ce qu'on l'imagine, pour ça faut convaincre les pouvoirs publics.

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