Si l'année scolaire est terminée depuis quelques jours, du côté du lycée de Nogaro la rentrée prochaine fait l'objet d'inquiétude auprès des parents d'élèves et enseignants. En cause : la réforme des lycées et son mode de calcul qui aurait selon eux pour conséquence pour les petits établissements ruraux dont le leur : des dotations horaires insuffisantes qui mettraient en péril certains enseignements de spécialité et options.
Les enseignants réclament une vingtaine d'heures supplémentaires pour conserver tous les enseignements de spécialité et options
Alors qu'avec la nouvelle réforme en vigueur près d'un an, les lycéens de seconde ont désormais le choix des matières comme spécialité au moment de la première, ce menu pourrait être restreint du côté la cité scolaire d'Artagnan et les options que comptent l'établissement, dont la filmographie ou le latin, pourraient être amenées à disparaitre par manque de moyens horaires, estimé à une vingtaine d'heures. "Avec cette réforme, les moyens sont conditionnés aux effectifs. Plus on a de classes, plus on a de moyens en terme d'heures pour les élèves. Sauf, que nous à Nogaro, comme d'autres lycées dans le Gers, on a de petits effectifs. L'année prochaine, on aura sûrement 4 classes de seconde, mais on aura simplement deux 1res générales et une 1re technologique. Ce qui fait que comme on a plus de classe, on perd par exemple une 1re générale, donc on perd les heures allouées pour cette classe. Et, le problème c'est qu’on n’arrive pas à avoir assez d'heures pour offrir tout l'enseignement qu'on devrait proposer aux élèves", déplore Leah Tornare, enseignante à Nogaro et secrétaire départementale de Sud Education.
Les petits lycées ruraux pénalisés par cette réforme ?
Une réforme qui selon la professeure serait davantage préjudiciable pour les "petits lycées ruraux". Elle réclame davantage de moyens pour conserver cette offre de formation, l'une des plus étoffées sur le département avec près de 9 enseignements de spécialité. "On demande déjà très rapidement qu'on nous débloque ces heures pour pouvoir fonctionner normalement. Et puis, plus largement que cette réforme ne pénalise pas les petits établissements ruraux. Puisque d'autres pourraient être dans ce cas-là à la rentrée prochaine voire à la suivante."
"Une dotation tout à fait convenable" pour le DASEN du Gers
Pour le DASEN du Gers, Mathieu Blugeon, il n'y a pas motif à s'inquiéter pour les lycées ruraux ni pour celui de Nogaro où il estime que la dotation horaire est tout à fait convenable. "Très honnêtement je ne pense pas qu'il y a matière à s'inquiéter. Je trouve que la réforme du lycée a justement beaucoup privilégiée les établissements ruraux et les petits établissements. En l'occurrence, l'établissement et le lycée de Nogaro est l'un des trois les mieux dotés du Gers tant sur l'offre pédagogique générale que sur les moyens horaires. Après ce qui est vrai, c'est que la réforme des lycées offre beaucoup de nouveau possible. Mais également, impose des choix à l'équipe de direction, qui effectivement peut décider d'arrêter certaines options, pour que d'autres puissent se mettre en place, c'est une question de choix. Mais, pour autant, l'établissement a une dotation qui est tout à fait convenable."
E.R