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Cédric Shaurli, le combat d'un père
Cédric Shaurli, le combat d'un père
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04 juin 2020 - 03:45
"C'est mon tout, jamais je ne l'abandonnerai". Depuis 2016, Cédric Shaurli, un Auscitain d'une trentaine d'années, tente par tous les moyens de revoir sa fille Meriem âgée bientôt de 5 ans. Depuis trois ans et demi, il n'a plus de nouvelles d'elle. Pourtant, il sait où elle vit. D'un mariage à la naissance, rien ne laissait présager une si longue descente aux enfers. En 2016, Cédric et sa compagne originaire d'Algérie, partent à Alger présenter Meriem à la belle-famille qui réside dans un quartier cossu de la ville. Un jour, alors qu'il prend sa douche à l'hôtel, sa compagne en profite pour déplacer Meriem. Elle lui téléphone et lui dit ces quelques mots : « C'est terminé, tu ne reverras plus jamais ta fille, je m'en vais, tu vas rentrer seul en France ». Meriem pour Cédric, c'est tout. Une relation d'amour, une approche fusionnelle. Et il n'entend pas y mettre fin comme ça. Il demande de l'aide au Consulat de France à Alger et du ministère de la Justice pour entrer en contact avec autorités algériennes, dans le but de localiser l'enfant. Rapidement, Meriem est retrouvée : elle est chez la belle-mère de Cédric. Il obtient des droits de visite mais elles se déroulent dans des conditions difficiles, entre privation de liberté et pression de la famille qui guette ses moindres faits et gestes. « J'étais un peu comme un chien, aux ordres ma belle-famille ». En 2016 toujours, dans le conflit qui oppose les deux procès, entre l'Algérie et la France, c'est le jugement algérien qui s'impose. Cédric obtient le droit de garde de Meriem le vendredi, samedi et jours fériés notamment. Un classique, comme tous papas en Algérie. « Quand je comprends ça en octobre 2016, je quitte mon travail, je vends mes biens et je prends ma voiture pour m'installer près d'elle, à Alger ». Jusqu'en janvier 2017. A l’exécution du jugement algérien, son ex-femme annonce à son avocat de l'époque déménager au Sahara, à 1 500 km au sud d'Alger à Adrar. « Au bout de 10 jours, j'ai compris que l'adresse était fausse ». Des enquêtes policières confirment ses craintes, l'adresse est bien fictive. Meriem réside toujours à Alger chez sa grand-mère. « Je contacte mon ex belle-famille depuis 3 ans et demie avec un huissier, j'ai dû tenter 150 fois de la voir à l'adresse du jugement de divorce algérien. Je n'ai plus vu personne chez mon ex belle-mère, j'étais à Alger chaque vendredi, samedi à attendre que quelqu'un me dise quelque chose. Plus j'approche du quartier, plus les gens se font silencieux. La loi du silence, de l'omerta. C'est un empilement de procédures sans fin, malgré mes demandes d’intervention au parquet d'El Harrach, j'ai empilé les démarches, dénonçant des anomalies d'audience, de procédure. J'ai l'impression que je me bats contre un ennemi invisible. Le système est un bouclier entre moi et ma fille. Il y a trop de point d'interrogation ». Cédric reste dans la procédure en s'appuyant sur la convention internationale des droits de l'enfant qui garantie le lien entre parent et enfant. « Je m'appuie aussi sur la loi algérienne avec ce droit de visite et une convention bi-latérale entre la France et l'Algérie datant du 21 juin 1988".
Motif religieux
Une lente descente aux enfers pour cet Auscitain. Son ex belle-famille fonde, selon lui, ses arguments sur des « motifs religieux ». « Je représente un danger selon eux car mes racines ne sont pas arabo-musulmanes, ils me traitent régulièrement de mécréant, c'est toujours ce terme qui est utilisé à l'audience. Mon nom à l'état civil suffit à me mettre une étiquette sur le front. Il y a une instrumentalisation permanente de la religion. Mais je suis un être humain, un père avec des droits. La question est de faire appliquer le Droit de l'enfant et celui de l'Homme ».
Pétition lancée
Pour interpeller les chefs d'Etat respectifs des deux pays, Cédric a lancé une pétition le 25 mai pour tenter de faire bouger les choses, à l'occasion de la Journée internationale des enfants disparus. « Ce n'est plus une affaire familiale mais politique ». La pétition est disponible sur la page Facebook de Cédric : un père pour Meriem. Témoignage à retrouver dans nos éditions de la matinée.
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