La vie économique du département qui reprend progressivement ses droits. Après plus de 8 semaines de fermeture forcée en raison de la crise sanitaire du COVID-19, bon nombre de commerces ont rouvert leurs portes ces derniers jours. La liste devrait s'allonger considérablement dès le 2 juin, avec notamment la réouverture des bars, cafés, restaurants ou encore salles de sport. La préfète du Gers, Catherine Séguin, s'est rendue ces derniers jours dans plusieurs commerces de proximité d'Auch, pour prendre le pouls auprès des commerçants, accompagné du maire Christian Laprébende et du président de la Chambre de commerce et de l'Industrie, Rémi Branet. Une visite notamment dans le magasin de prêt-à-porter féminin « Filles du Sud », rue Du Pouy. Une crise qui intervient au plus mauvais moment pour sa gérante Anne Bortoloni, qui venait de reprendre le magasin au début du mois de mars et qui n'a pu bénéficier d'aucune aide durant cette période. "Je n'ai pas eu d'aide, car à un mois près, je ne rentrais pas dans les clous de ce qu'avait prévu le gouvernement. Ma société était trop jeune, et je n'avais pas l'antériorité du chiffre d'affaires, du coup j'ai pu ne bénéficier de rien.
Les mesures sanitaires renforcées dans les boutiques, notamment dans les magasins de prêt-à-porter
Si l'heure aurait pu être à la résignation pour la commerçante auscitaine, elle n'a pas lâché les bras, bien au contraire. Elle a profité de cette période de confinement, pour lancer sa boutique en ligne, et se lancer sur les réseaux sociaux, afin de continuer à entretenir le lien avec ses clientes. Du travail virtuel durant ce confinement, mais également physique, ces dernières semaines, pour mettre en place les directives sanitaires du gouvernement dans son magasin. "J'ai mis en place une protection plexiglas sur mon comptoir. J'ai également mis en place du gel hydroalcoolique, des lingettes désinfectantes, un sens de circulation. Et, puis à chaque fois qu'une cliente essaye, c'est moi qui gère l'après-essayage. Je mets tous les vêtements essayés dans ma remise à l'isolement, je défroisse avec le défroisseur vapeur qui normalement, enlève tout le virus. Mais, par sécurité, je laisse encore 2h, si ce n'est une demi-journée dans l'arrière-boutique, et je le remets en rayon prêt à l'essayage qu'après.
Système de drive, livraison à domicile, la Librairie du Migou s'est adaptée durant la crise, ce qui lui a permis de limiter la casse
Autre commerce visité par la préfète du Gers, la librairie du Migou, rue Dessoles à Auch, qui a réouverte depuis le 11 mai. Livraison, système de drive « click and collect », ses 2 gérants ont dû s'adapter pendant ses 8 semaines de confinement. Et au final, grâce notamment aux aides gouvernementales et à ce système de drive, ils ont réussi à limiter la casse. "On a perdu à peu près 30 000 euros de chiffre d'affaires. Ce qui représente à peu près, 6000 euros de marge nette, qui ont été à peu près comblés entre les aides du fonds de solidarité et l'exonération de nos cotisations.
Les clients de retour dans les boutiques depuis le 11 mai
L'avis des commerçants sondés est unanime : les clients répondent présents depuis la réouverture le 11 mai. Un retour au « local » que tous espèrent : s'inscrire dans la durée. Un enjeu vital pour permettre aux petits commerces de survivre face à la grande distribution et la vente en ligne. "Je suis ravie de me dire que le confinement n'a été qu'une étape, mais n'a rien fait mourir dans la boutique, parce que les clientes déjà fidèles qui étaient déjà revenues lorsque j'ai racheté le magasin sont revenues. Et je les sens très concernées par le fait de nous aider en joignant l'utile à l'agréable", souligne Anne Bortoloni dans nos éditions de la soirée.