« Une belle victoire pour les irrigants du bassin de l'Adour » : la FDSEA du Gers et les Jeunes Agriculteurs du département se félicitent ce mercredi dans un communiqué de l'arrêté prononcé mardi par la Cour administrative d'appel de Bordeaux. Elle a levé une décision du tribunal administratif de Pau prise en février dernier qui entendait diminuer dès cet été « de 30% à 50% les prélèvements des volumes d’eau pour l’irrigation » dans le bassin en 2021. Le tribunal palois avait été saisi par des associations écologiques pointant des prélèvements excessifs dans les cours d'eau et nappes phréatiques du bassin. En protestation le 30 mars dernier, plus d'un millier d'agriculteurs venus des Landes, du Gers, des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées avait manifesté leur mécontentement à Mont-de-Marsan.
Benoît Dupuy, secrétaire de Jeunes agriculteurs du Gers, se satisfait donc de l'arrêté pris ce mardi par le tribunal de Bordeaux :
« C'est une très bonne nouvelle pour les irrigants du bassin pour la saison à venir. Le tribunal de Bordeaux retoqué la décision du tribunal de Pau en disant que cela allait avoir des très grosses conséquences sur le secteur agricoles. Cela aurait pu mettre en difficulté de nombreuses exploitations de l'Adour ayant des besoins en eau importants. Maintenant, il va falloir travailler sur la prochaine AUP (Autorisation Unique de Prélèvement) et l'appel prévu dans quelques mois pour après 2022. »
Face aux associations écologiques, Benoît Dupuy répond également que les agriculteurs ont fait des efforts ces dernières années :
« Le monde agricole n'a jamais mis une rivière à sec. Même si nous avons des autorisations pour prélever un certain volume d'eau, en été, nous avons régulièrement des messages d’interdictions de prélèvement de l'eau sur les bassins qui posent problème.
Le monde agricole n'irrigue pas comme il y a 20 ans. Nous cherchons tous des solutions, et sommes conscients des problèmes de déficits en eau. Nous essayons tous d'être de plus en plus efficaces pour que l'eau importée aille vraiment à la culture, qu'elle ne soit pas gaspillée.
Il faut aussi que les associations soient conscientes du besoin en eau de l'agriculture. Si on enlève l'irrigation comme ils sous entendent, si on ne produit plus, on devra importer de l'extérieur. On sera à la merci de crises mondiales. »
F.P.