L'élite européenne du roller a rendez-vous à Valence d'Agen. Les pistes du patinodrome Jacques-Fronton sont le théâtre jusqu'à dimanche des championnats d'Europe de roller de vitesse, un événement que n'avait plus accueilli la France depuis 2002.
Pour un pays aussi dominant de la discipline, la statistique peut paraître incongrue : plus de vingt ans que la France n'avait pas reçu de championnat international de roller de vitesse. Pour mettre fin à l'hémorragie, la fédération française a fait les yeux doux à une petite agglomération tarn-et-garonnaise et son club, le roller des Deux Rives. Pas un hasard pour le président Sébastien Massip : « Valence d'Agen est un site atypique sur le territoire français. On a un anneau de vitesse de 200m et un anneau routier de 400m autour ». Une particularité qui permet au patinodrome Jacques-Fronton de se succéder à lui-même comme hôte des meilleurs rouleurs d'Europe.
A l'image du cyclisme sur piste, le roller de vitesse propose plusieurs distances et formats à même de passionner les foules. Sébastien Massip évoque le 100m départ arrêté, rappelant son homologue sur tartan et véritable explosion de puissance visuelle ; le tour - quoi de plus logique ? - ; mais aussi les courses en peloton, comme l'élimination, loin d'être dénuée de suspense, ou la course aux points qui ravira les plus cérébraux des suiveurs.
Trois lieux d'expression sont laissés aux quelques trois-cents-cinquante patineurs de seize nations qui se disputent tout au long de la semaine les trentre-trois titres en jeu (jeune, junior et sénior). La « piste » d'abord, de lundi à mercredi, sur cet anneau de 200m au revêtement ultra rapide. La « route » ensuite, sur cette sorte de grand huit de 400m de long, à l'enrobé dynamique, vendredi et samedi. La commune de Valence d'Agen enfin, actrice du marathon de clôture dimanche. « C'est spécifique sur Valence. On a voulu faire ça par rapport aux gens, aux riverains, et donner à montrer la discipline en dehors du complexe ».
Pour le club on attend "un regain d'attractivité à la suite de l'évènement"
Les premiers jours de compétition le confirment, les patineurs français, largement en tête du tableau des médailles ne sont pas venus dans le Tarn-et-Garonne pour faire de la figuration. La foule valencienne a de plus de quoi se réjouir à titre cocardier puisque deux locaux font partie de la délégation tricolore : Victor Aerts (sénior) et Mathys Roiatti (junior). Le premier nommé a échoué aux portes du métal sur l'élimination lundi tandis que son cadet a terminé 7ème de la même épreuve. Une satisfaction tout de même pour le roller des Deux Rives, jeune club né de la fusion de deux historiques (l'ALVA Roller et le Valence Roller Sport) en 2021. Du haut de sa centaine de licenciés, entre école de patinage et compétiteurs, le R2R n'a pas forcément la force de frappe qu'on pourrait attendre d'un hôte de Championnats d'Europe, mais son président escompte « un petit regain d'attractivité à la suite de l'évènement. Si on a une dizaine, ou cinq ou deux ou un patineur qui vient, il sera le bienvenu évidemment ».
Pas aidé par les institutions olympiques, qui lui préfèrent le breakdance, le roller de vitesse roule sa bosse dans un relatif anonymat. « C'est vraiment dommage, c'est un sport atypique qui demande beaucoup de sacrifices pour pouvoir performer. Mais le plaisir n'est pas gâché quand on regarde ces gens et ces jeunes patiner ».
V.M