Vaccination en pharmacie : un docteur gersois répond à nos questions

La phrase a été assez répétée ces dernières semaines. « La vaccination en France va s'accélérer ». Et c'est ce qui semble -enfin- se dessiner avec, dans les prochains jours, l'autorisation pour les pharmaciens de vacciner dans leurs officines. La rédaction de Hit FM Radio a pu rencontrer un docteur en pharmacie de la ville d'Auch, optimiste quant au déroulé de l'opération, qui devrait commencer la semaine du 22 mars dans la commune.
 
 
 
Comment se déroulent les préparatifs ?
Il faut d'abord faire savoir que nous sommes candidats à la vaccination. Nous commandons des doses auprès de l'Agence Régionale de Santé et elle nous attribue les doses. Une fois l'attribution faite, les doses nous sont livrées par nos grossistes-répartiteurs.
 
Quel vaccin sera administré en pharmacie ?
Ce sera le vaccin AstraZeneca.
 
Quel public pourra y prétendre ?
Les personnes âgées de 50 à 74 ans présentant des comorbidités. Il y a une priorisation de la vaccination, il s'agit de s'occuper des plus fragiles et qui risquent, si elles attrapent le Covid-19, d'être hospitalisées, placées en service de réanimation ou plus grave encore. Cela concerne des personnes souffrant de diabète, d'hypertension artérielle, de pathologies cardiovasculaires ou respiratoires.
 
Les plus de 75 ans ne sont pas concernés ?
Ceux de 75 ans sont éligibles à la vaccination, mais il est conseillé de se faire administrer les vaccins Pfizer ou Moderna. Donc ils iront dans des centres de vaccination.
 
Jean Castex avait annoncé que les 50-74 ans pourraient se faire vacciner en pharmacie sans présenter de comorbidités vers le 15 avril. Vous confirmez ?
Pour l'instant, on ne sait pas. On espère, mais ça dépendra de la livraison des doses.
 
Il faut prendre rendez-vous avant la vaccination en officine ?
Exactement, on compte à peu près 30 minutes par patient et on va vérifier les critères d'éligibilité. Par exemple, la personne ne doit pas avoir eu le Covid trois mois plus tôt. Il n'y aura pas d'ordonnance à fournir en pharmacie puisque ceux qui présentent des comorbidités ont généralement une pharmacie attitrée. On est prescripteur et administrateur. Par contre, si nous n'avons pas d'historique dans nos fichiers, on demandera une ordonnance.
 
Vous n'avez pas peur d'être surmenés ? Vous prévoyez des embauches le temps de la vaccination ?
Non, nous n'en n'avons pas besoin puisqu'on va être livrés avec des petites doses. Un flacon AstraZeneca correspond à une journée et une dizaine de patients.
 
Quels sont les retours de vos patients sur l'administration du vaccin par les pharmacies ?
Ils veulent se faire vacciner absolument pour sortir de cette crise. Les dernières annonces du vaccin AstraZeneca en revanche pourraient freiner certaines attentions. Le petit recul que j'ai, montre que les patients déjà réticents sont désormais complètement opposés à ce vaccin. Surtout avec les polémiques des derniers jours. Mais de toute façon, ceux qui sont fragiles, veulent se faire vacciner. Parce que s'ils contractent le Covid, ils seront plus à risque que sans prendre le vaccin.
 
Le vaccin Johnson Johnson a été validé par les autorités sanitaires. Vous pourriez l'administrer une fois sa mise sur le marché ?
Oui, et ça devrait simplifier le processus de vaccination. Parce que AstraZeneca, il faut planifier 9 à 12 semaines plus tard la deuxième injection. On programme le rappel lors de la première injection.
 
Comment prendre rendez-vous en pharmacie ?
Les gens viennent dans les pharmacies ou par téléphone. On espère vacciner entre 15 et 20 patients chaque jour. Je vais faire des listes d'attente avec les numéros des gens, pour les recontacter à la prochaine distribution de vaccins.
N.M