Les maires de communes de moins de 1 000 habitants, exploitants agricoles, peuvent bénéficier, depuis le début de l’année, d’un crédit d’impôt « remplacement ». Ce soutien financier leur permet de se faire remplacer plus facilement par des salariés agricoles sur leurs exploitations afin d’assurer leurs responsabilités municipales. Une avancée née dans le Gers, issue d’une proposition portée par le président de l’Association des maires du Gers et le président départemental du service de remplacement.
« Une avancée majeure pour les maires des petites communes exploitants agricoles » : Michel Baylac, président de l’Association des maires du Gers, maire de Roquelaure et agriculteur, et Stéphane Minguet, le président du service de remplacement du Gers, ne cachent pas leur satisfaction de voir leur proposition figurer dans la loi de finances 2026, adoptée en février.
Une idée née d’une conversation il y a deux ans, qui a cheminé du Gers jusqu’au Palais Bourbon, à Paris. Celle de permettre aux maires de communes de moins de 1 000 habitants, exploitants agricoles à titre principal, de bénéficier d’un dispositif de crédit d’impôt « remplacement ». Celui-ci leur permet de se faire remplacer ponctuellement par un salarié agricole sur leur exploitation afin de mener à bien leurs responsabilités municipales. « C’est une avancée sociale et économique pour les élus agriculteurs, leur permettant de s’investir pleinement dans leur mandat sans sacrifier leur activité professionnelle. Elle renforce également l’attractivité des fonctions électives dans les petites communes, où l’engagement citoyen est essentiel », note le président de l’AMF 32, qui évoque l’hypothèse de généraliser le dispositif à d’autres professions. « Aujourd’hui, cela concerne les agriculteurs. Mais on peut imaginer, demain, élargir ce dispositif à d’autres professions. »
Effective depuis le 1er janvier 2026, la mesure permet aux exploitants agricoles de bénéficier d’un crédit d’impôt « remplacement » finançant jusqu’à 12 jours de remplacement, à hauteur de 50 %, dans le cadre de l’exercice de leur mandat électif. « Le coût de la journée est aujourd’hui de 150 €. Grâce à cette mesure, cela reviendra au maire exploitant à 75 € par jour, le reste étant pris en charge par l’État », indique Stéphane Minguet, président du service de remplacement départemental.
Les maires exploitants agricoles concernés par ce dispositif sont invités à se rapprocher de leur service de remplacement pour planifier leurs absences. Présent depuis 50 ans sur le territoire, ce service met à disposition des salariés agricoles pour couvrir les absences (vacances, congés, formations, maladie). Près de 569 exploitants sont adhérents au service de remplacement, et 285 agriculteurs y ont eu recours en 2025.
E.R