La découverte d’un nouveau foyer de tuberculose bovine à l’automne 2025 a ravivé les inquiétudes des éleveurs gersois. En toile de fond, une réalité désormais bien identifiée par les autorités sanitaires : la faune sauvage joue un rôle clé dans la persistance de la maladie. Résultat, l’État renforce son dispositif de surveillance et étend la zone à risque dans l’ouest du département.
La tuberculose bovine n’est plus seulement une affaire d’élevage. Depuis plusieurs années, les services de l’État savent que la maladie circule aussi hors des exploitations, portée par certains animaux sauvages, en particulier les sangliers et les blaireaux. C’est sur ce constat que repose l’arrêté ministériel du 7 décembre 2016, qui organise une réponse renforcée dans les territoires concernés.
Dans le Gers, les premières mesures ont été prises dès 2018, après la détection de foyers dans des départements voisins. Un arrêté préfectoral avait alors classé neuf communes de l’ouest du département en « zone à risque ». Les élevages y font depuis l’objet d’un suivi sanitaire renforcé, avec des tests annuels destinés à repérer rapidement les bovins infectés. En parallèle, la surveillance s’est étendue à la faune sauvage : analyses des sangliers prélevés à la chasse, collecte des blaireaux retrouvés morts en bord de route.
Mais en octobre 2025, la découverte d’un nouveau foyer de tuberculose bovine sur la commune de Lannux est venue rappeler la fragilité de la situation. Le cas est d’autant plus préoccupant qu’il se situe à proximité immédiate d’une zone des Landes où la faune sauvage est déjà identifiée comme porteuse de la maladie.
Elargissement du périmètre
Face à ce nouveau contexte, le préfet du Gers a décidé d’élargir le périmètre de vigilance. Un nouvel arrêté préfectoral porte désormais la zone à risque à quatorze communes. Les mesures existantes y sont maintenues et renforcées : surveillance accrue des troupeaux, suivi systématique des sangliers abattus lors des actions de chasse, observation de la mortalité des blaireaux, en lien avec les règles encadrant la chasse. Plus sensible encore, deux communes sont classées en zone infectée. Dans ces secteurs, l’État prévoit, en plus des autres mesures, la régulation et la surveillance des blaireaux pour une durée de trois ans. Un dispositif délicat, souvent débattu, mais jugé nécessaire par les autorités pour freiner la circulation de la maladie entre la faune sauvage et les élevages.
Rédaction