Le sénateur centriste du Tarn-et-Garonne, Pierre-Antoine Lévi, a déposé une proposition de loi pour mettre en place un système de ticket-restaurant adressé à tous les étudiants qui le souhaitent. Cette frange de la population a été très concernée ces derniers mois par la crise sanitaire qui a occasionné une raréfaction des jobs étudiants. Entretien avec Pierre-Antoine Lévi :
Comment cette proposition de loi a été élaborée ?
« Cette proposition de loi est une proposition qui a également été déposée le mois dernier à l'Assemblée Nationale par la députée de Maine-et-Loire, Anne-Laure Blin. Nous sommes entrés en relation il y a quelques semaines. J'avais également reçu le syndicat étudiant UNI qui avait eu l'idée de cette proposition. Donc j'ai décidé de déposer la même loi au Sénat. Je l'ai faite signé par 79 sénateurs de 4 bords politiques différents, soit près d'un quart du Sénat. »
La galère de nombreux étudiants est justement d'actualité en cette période de crise sanitaire. Comment ce dispositif pourrait les aider ?
« La détresse du monde étudiant est un sujet qui interpelle tout le monde, y compris le président de la République qui a mis en place il y a quelques semaines le repas à 1 euro dans les restaurants universitaires. Il y a une prise de conscience que les étudiants ne vont pas bien, que certains ont du mal à s'alimenter. On le voit avec les files d'attentes devant les banques alimentaires. L'idée donc de cette proposition de loi et de ce ticket-restaurant, c'est d'aider tout ceux qui n'ont pas accès à la restauration universitaire. En France, il y a pas mal de villes moyennes où il y a des antennes d'universités, des écoles de commerces, des BTS ou encore des prépas où il n'y a pas la possibilité de se restaurer pour les étudiants. A cela, se rajoute le fait que la plupart des cours depuis le début de la crise sont en distanciel. Donc de nombreux étudiants ne peuvent pas profiter du repas à 1 euro. »
Quel serait le fonctionnement de ces tickets-restaurant ?
« C'est calqué sur le modèle de celui de l'entreprise. L'idée, c'est de donner deux tickets-restaurants par jour calendaire, car les étudiants mangent sept jours sur sept, d'une valeur faciale de 6,60 ou de 7 euros si l'on arrondit, pris en charge à 50% par l'étudiant, et le reste par l’État. Le tout, en maintenant le système de restos universitaires à 1 euro par jour. Ce ticket-restaurant pourra être utilisé dans les mêmes lieux que celui destiné aux salariés. »
Seule une catégorie d'étudiants en particulier pourrait être éligible à ce dispositif ?
« Non, c'est universel, car des étudiants sont en rupture avec la famille. Même si les parents ont une belle situation, les étudiants ne demandent pas forcément une aide aux parents. »
Et la proposition de loi pourrait être examinée dès le courant du mois de juin prochain au Sénat.
F.P.