Rémi Branet : "La saison d'été s'annonce morose pour le tourisme"

Alors que l'épidémie de Covid-19 continue de sévir en France et dans le monde, le président de la CCI du Gers, Rémi Branet, s'exprime ce matin sur la crise qui touche durement l'économie gersoise.
 
Quel est l'état de la situation économique gersoise? 
700 entreprises du département nous ont contacté spontanément. On est à plusieurs milliers de visites sur notre site depuis le confinement, où on relaie l'ensemble des dispositifs d'aide et de soutien mis en place par le gouvernement.
 
C'est le flou pour bon nombre de chefs d'entreprises...
C'est flou pour se projeter, on a une date du 11 mai, mais on ne s'est pas comment ça va se passer. Les mesures d’accompagnement mises en place, en revanche, sont des mesures concrètes appliquées très rapidement depuis 5 semaines. En terme de décalage d'échéance de prêt bancaire, de fond de soutien pour les travailleurs indépendants ou les TPE, c'est du concret. Par contre, il est essentiel de se tenir au courant car ces dispositifs évoluent en fonction des lacunes constatées petit à petit. La CCI fait remonter aux services de l'Etat les difficultés rencontrées. Un exemple concret : ce fond de soutien, il y avait un plafond de 60 000 EUROS et cette mesure posait problème quand il y avait un conjoint collaborateur dans l’entreprise. Tout ça a évolué. 
 
Quels conseils vous donneriez aux chefs d'entreprises gersois? 
Deux conseils : aux commerçants qui ont une activité de se faire connaitre sur le site de la CCI, il faut rester référencé. En fin de semaine dernière, plus de 170 gersoises éteint géo-référencées. Un conseil aussi aux consommateurs gersois : consommez local, il faut soutenir les commerçants de proximité, le tissu commercial local.
 
Post-crise, vous pensez à un retour de la consommation locale?
Oui, consommer français ou plus proche. Ça aura des vertus sur le plan de l'impact sur la planète, et éviter d'avoir des points de fragilité que l'on voit très bien aujourd'hui. La fabrication de molécules pour les médicaments en est l'exemple, on est tributaire. 
 
Quel secteurs sont les plus touchés dans le Gers, on parle beaucoup du tourisme...
Au sens large le tourisme, les cafés, hôtels, restaurants et l’événementiel comme les festivals. Ces secteurs, ce qui est le plus préoccupant, c'est que l'impact va être sur une durée longue. Ils vont pâtir durablement de cet épisode de crise, et la saison d'été s'annonce morose. Les préoccupations sont normales : le secteur est à l'arrêt complet. Il reste des dispositifs a mette en place, ceux qui existent ce n' est pas suffisant. Pour les petits commerces à l'arrêt complet, ça va probablement reprendre un peu plus rapidement mais le mal sera fait, j'incite les Gersois à consommer local. 
 
Un message aux cafetiers... 
Je les encourage à se tenir au courant des mesures gouvernementales, j'ai été étonné que la semaine dernière, un taux important dans ce secteur n'avait pas encore actionné les leviers mis à disposition. Il faut le faire absolument. Nous, on fait remonter à l'Etat pour des dispositifs complémentaires.