Réélection de Philippe Martin à la tête du Conseil départemental du Gers : "toujours autant d'émotion"

Les 34 conseillers départementaux gersois, fraichement élus, étaient appelés à se rendre aux urnes, ce jeudi matin à l'Hôtel du département à Auch, pour l'élection du Président du Conseil départemental. Sans grande surprise, Philippe Martin (PS), président sortant, a été réélu pour les six prochaines années avec 22 voix en sa faveur, contre 12 pour Isabelle Tintané (DVD), son unique opposante. L'élu socialiste gersois brigue donc un 5e mandat à la tête du département. Un mandat pour le moins particulier puisque ce sera son dernier à la tête du département. Il nous a accordé ses premières impressions à l'issue de son élection. Entretien.

Quel est votre sentiment suite à cette réélection ?

“Ce n'est pas une surprise, mais c'est toujours une émotion identique à la première fois. Reprendre la tête d'une collectivité départementale qu'on aime c'est toujours un moment important. Cela me fait repenser à tous les élus avec lesquelles j'ai siégé pendant toutes ces années, ceux qui ne sont plus élus, ceux qui parfois ont disparu. Il y avait donc beaucoup d'émotions de mon côté, c'est la raison pour laquelle au moment où mon élection a été proclamée et avant de rejoindre la tribune, ma première réaction a été d'aller voir ma complice de toujours Giséle Biémouret, qui incarne aussi toute cette histoire que nous avons menée. Je ressens également une forme de joie de voir pas mal de nouvelles têtes dans les différents groupes qui composent l'assemblée départementale. Ce rajeunissement est, je crois, une bonne chose pour oxygéner la collectivité départementale. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai souhaité que désormais tous les élus siègent non seulement dans les assemblées plénières, mais aussi dans la commission permanente. ”

Que retenez-vous de ce scrutin ? 

“C'est bien évidemment l'abstention. Presque 55% d'abstention pour ce double scrutin, soit plus d'un Gersois sur deux qui ne s'est pas déplacé. Un chiffre qui est encore plus important chez les jeunes. Nous devons nous interroger sur cet essoufflement de la démocratie qui sape les fondements de la république. Peut-être que nous devons collectivement, les uns et les autres, quel que soient nos engagements partisans, changer notre pratique, modifier notre dialogue, comprendre que les gens n'ont peut-être pas voté par détestation, mais plutôt par désintérêt ou désillusion. Il y a vraiment un travail considérable à mener là-dessus.”

Quels sont les premiers projets que vous comptez mettre en œuvre ? 

“On va passer à l'action dès la semaine prochaine avec le lancement de la campagne de recrutement des médecins salariés pour notre projet de centre départemental de santé.  Faire en sorte qu'il n'y ait plus un seul territoire dans le Gers sans médecin, cela va être le premier acte de cette mandature. Je trouve que c'est assez symbolique que la première mesure que nous allons prendre est une mesure d'égalité territoriale.”

Est-ce que vous avez un mot à adresser aux citoyens gersois ?

“Je souhaite leur dire que nous sommes à la tâche pour les protéger. Les protéger notamment sanitairement, car la bataille est loin d'être gagnée contre la COVID-19. Si on veut passer un été, mais aussi une rentrée qui soit normale, il faudra continuer à se vacciner. J'invite d'ailleurs tous les Gersois qui ne se sont pas encore fait vacciner, à aller rejoindre tous les centres de vaccination pour que nous ayons un été et un automne placé sous le signe du bien-vivre.”

 Vous êtes à la tête du département du Gers depuis 1998, quel est le secret de cette longévité ?

“Je ne sais pas, je me pose la question. Mes concurrents ont beaucoup glosé sur cette longévité (rires). Effectivement, on se pose toujours la question, mais moi je veux que ce mandat qui sera le dernier soit un mandat de transmission. Je veux transmettre l'amour que j'ai du Gers à ceux qui siègent aujourd'hui et les mettre en situation de pouvoir prolonger ce qu'on a pu faire jusqu'à présent.” 

Des propos recueillis par Enzo Rousseau