Polémique à l'école de Gimont: c'est quoi le problème?

Ils veulent médiatiser l'affaire pour mettre un terme au marasme qui gangrène l'école maternelle de Gimont. Depuis plusieurs années, l'association des parents d'élèves de l'établissement déplorent les arrêts maladie successifs de l'équipe enseignante. La traduction selon l'APD d'un mode de management hégémonique de la part de la directrice, en place depuis presque une décennie. Sur le front de la révolte, des écrits de membres enseignants de l'école ont été transmis auprès de l’inspection d'académie, supérieure hiérarchique en capacité de décider du sort de la directrice. Des courriers des Atsem auraient même alerté la municipalité de Gimont, incompétente pour juger du sort de l'intendante. Point d'orgue de cette querelle interne : une plainte déposée en gendarmerie par la directrice envers un des membres enseignants, pour un motif que l'on ignore aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, elle a été classée sans suite. Mais elle fait peser un climat des moins sereins. « On a découvert ce malaise au dernier conseil d'école de l'année en juin 2020, précise Delphine Fenieys, porte-parole improvisée de l'APE. Ce maître d'école que la plainte visait, nous a permis de voir comment cette équipe était touchée par ce conflit interne. Des gens avec des larmes aux yeux et des voix tremblantes ».

 
« Les enseignants ont peur »
 
Alors que se passe-t-il entre les murs de l'enceinte ? « On n'en sait rien, poursuit Delphine Fenieys. Les enseignants ont tellement peur qu'ils ne parlent pas, elle a la réputation de les traquer, de noter les horaires de départ et fin de récréation pour ne pas gratter des minutes. Des actions mesquines qui ont des conséquences ». Malgré le renouvellement des équipes, les arrêts maladie continuent d'impacter l'activité scolaire. « Pour nos enfants c'est une grosse instabilité de prise en charge, la continuité de l'enseignement de nos enfants suscite beaucoup de questions. C'est une école aujourd'hui à deux vitesses puisque avec cette mésentente, les projets d'école ont du mal à naître. On estime que les choses ne peuvent plus durer, ce conseil d'école nous a inquiétés, c'était surréaliste. Si l'inspection d'académie a bien pris acte du courrier, et reçu la directrice de l'école, c'est toujours statu quo. Quand elle a été reçue par le DASEN, elle semblait considérer que notre lettre concernait une minorité de parents. Il y a 86 enfants, la pétition en ligne a recueilli 114 signataires. Elle persiste à dire que tout se passe bien avec l'équipe enseignante, c'est faux. Que faut-il faire pour la sanctionner ? ».
 
La réponse du DASEN
A cette question, nous avons demandé des réponses au nouveau DASEN du Gers Farid Djemmal. « J'ai pu échanger avec Delphine, j'ai proposé non pas d'attendre l'évolution mais d'accompagner les parents et l'équipe pour que le travail soit plus lisible. Mais aussi accompagner les élèves avec des conseils pédagogiques et répondre aux besoins s'ils se faisaient jour. Je ne suis pas inquiet sur le volet pédagogique mais sur le relationnel, on va dépasser ces problèmes collectivement, j'en suis certain ». Sur fond de rentrée scolaire, nul doute que l'affaire va encore faire du bruit ces prochains jours.
 
N.M