Depuis cinq hivers, l'association "Des enfants et des arbres" travaille de concert avec celle d'"Arbres et paysages 32" pour faire de la transition écologique un enjeu majeur de la jeune génération. Ce partenariat "gagnant-gagnant" engage les agriculteurs à accueillir des écoliers sur leurs exploitations pour les former à la plantation -dans l'immense majorité- de haies pour lutter contre le phénomène d'érosion. Explications de Flavien Bonneville, directeur des opérations chez « Des enfants et des arbres » .
Quelle est la mission de votre association ?
On travaille avec notre partenaire local pour le Gers, Arbres et Paysage 32. La mission est de faire contribuer la jeune génération à la transition écologique, c'est un sujet qui permet de lutter contre le fatalisme ambiant. Le but c'est de missionner les enfants, ils vont avoir un impact positif dans le territoire en plantant des haies, dans 80 % des projets auxquels nous sommes soumis.
Pourquoi chez un agriculteur ?
Parce que le besoin d'un agriculteur est de lutter contre l'érosion de l'eau, du vent. Régulièrement, en période de fortes pluies, l'eau des champs déborde jusqu'aux rivières. Il faut draguer les embouchures pour éliminer la couche superficielle du champ fertile. Ils plantent aussi parfois des arbres pour faire revenir la biodiversité dans les champs et l'ombrage que les platanes dégagent est un élément positif pour les animaux en plein été.
Comment se déroule le processus pour les agriculteurs ?
Il y a un appel à projets lancé mi-avril et qui finit en octobre. Pendant cet appel, on sélectionne les projets des agriculteurs qui ont fait la démarche d'aller chercher une école partenaire. Notre association aura un rôle dans l'accompagnement pour assurer la bonne présentation dans les écoles. On traite avec des CM1, CM2 et jusqu'au collège comme l'Oratoire Sainte-Marie d'Auch. Ça permet de façonner une génération prête à s'engager pour changer les choses et prouver que le futur n'est pas aussi sombre qu'on le dit. Et ça se traduit notamment par le sourire des enfants en sortie de journée : ils sont ravis de l’optimisme que cette action dégage.
Et pour les enfants ?
Il y a deux moments. Le premier, c'est quand l'agriculteur se rend à l'école présenter son métier. C'est l'occasion de promouvoir la profession d'agriculteur et c'est vital pour le renouvellement des générations. Puis, dans un second temps, il missionne les enfants en expliquant son projet. Ils se sentent porteurs d'un objectif à atteindre, c'est une action concrète qu'on leur demande et ils comprennent pourquoi on va les chercher. Il y a du sens dans ce qu'ils font.
Combien d'arbres sont plantés ?
De 400 à 600 par jour. En fin de journée, l'agriculteur remet un diplôme de « citoyen planteur », c'est une nouveauté depuis cette année. L'enfant va le présenter à ses parents, c'est aussi l’occasion de valoriser chaque enfant et de lui redonner un capital confiance.
L'évolution de vos actions en chiffres ?
Pour vous donner une idée, la première année, on avait conduit 27 projets sur toute la France ; on en est à 170 pour cet hiver. En cinq ans, une vingtaine de projets ont été menés dans le Gers chez 17 agriculteurs. En fin d'année, on sera à 140 000 arbres plantés en cinq hivers en France.
N.M