Nationale 2 : les clubs du sud-ouest vont devoir apprendre à voyager

400 kilomètres. C'est le plus petit déplacement qu'aura à effectuer le C.A. Lannemezan lors de la saison 2023-2024 de Nationale 2. En dehors des derbys (au sens large) avec Fleurance, Auch ou Valence d'Agen, le CAL va devoir voyager.

« Les poules elles sont sorties, elles ne changeront pas donc on va s'adapter. Maintenant financièrement il faut que la Fédération fasse ce qu'il faut parce que vu les coûts que ça va donner à plusieurs clubs, il faut qu'on soit indexé. Sinon l'année prochaine plus personne ne voudra de la Nationale 2 ». Pour le manager de l'A.S. Fleurance, Nicolas Dupouy, pas mal de dépit au moment d'évoquer la composition des poules de la saison 2023-2024 de Nationale 2. Même son de cloche chez le président du C.A. Lannemezan Lionel Bégué. Un constat partagé avec la même amertume à Auch et Valence-d'Agen, nouveau venu au quatrième échelon national.

Les deux écuries gersoises et leur concurrent pyrénéen avaient essuyé les plâtres de la nouvelle division à mi-chemin entre monde professionnel et amateur la saison passée. Alors localisés dans la « poule ouest », leurs déplacements étaient restés abordables (Limoges et Niort faisant office de périple), proche de ce que les clubs du sud-ouest peuvent retrouver aux échelons fédéraux. Cette fois pas de poules géographiquement cohérentes (quoique), ASF, RCA, CAL et AVXV croiseront le fer avec les clubs d'une vallée du Rhône élargie (Nîmes et La Seyne-sur-Mer ainsi que les clubs bourguignons, Dijon et Mâcon), de quoi allonger franchement les voyages le week-end. Tous lésés dans l'affaire, il a été décidé de mettre les quatre formations dans le même panier, ce qui occasionne la présence de Graulhet, pourtant plus à l'est, dans l'autre poule.

Logiquement, les griefs des clubs se portent sur la charge financière que les sept déplacements à prévoir vont faire porter sur leur budget, pas forcément extensible. « Partir la veille ça veut dire coûts du bus, de l'hôtel, de restauration supplémentaires. C'est énorme, des sommes astronomiques à six chiffres pas forcément prévues dans tous les budgets » évoque Nicolas Dupouy. Lionel Bégué avance aussi « l'aspect humain » : « J'ai [le] trois-quart de l'équipe qui sont pluri-actifs donc ils travaillent le samedi ou le lundi matin, ça va être des concessions de leur part et également familiales parce que quand vous partez à Aubenas vous partez tout le week-end. »

La Nationale 2, un équilibre instable entre clubs quasiment professionnels et clubs quasiment amateurs

Plus que l'arbitrage des poules effectué par la Fédération Française, « le partage aurait pu se faire d'une autre façon mais vingt-quatre équipes vous devez les mettre quelque part » reconnaît le président du CAL, c'est en filigrane le principe même de la Nationale 2 qui interroge. « Beaucoup de personnes la voient professionnelle, mais dans les faits combien de clubs le sont ? » interroge Nicolas Dupouy. Périgueux, mastodonte du championnat la saison dernière, pouvait compter sur un fonctionnement quasiment exclusivement professionnel. Loin d'être le cas de nombreuses autres équipes, dont l'ASF et le CAL. A cheval entre gros budgets et ambitions de Nationale, et « moyens du bord » locaux de Fédérale 1, la Nationale 2 fait figure de tampon, avec des clubs aux visées aussi différentes que les situations internes. « Dijon ou Rumilly sont mieux structurés que nous. Ce n'est pas quelque chose qui les embête ».

Loin de se laisser abattre, les clubs se sont tournés vers la Fédération, « on a eu des retours intéressants de la part du nouveau président de la FFR, Florian Grill » annonce Lionel Bégué. De quoi amortir un petit peu les coûts surnuméraires non prévus. « On va être en ordre de marche pour trouver soit des souscripteurs pour nous aider par rapport à cette nouvelle difficulté ou on trouvera d'autres leviers … mais on ne va pas lâcher prise ». Avec la perspective d'éventuellement lier calendriers senior et espoir, pour éviter les doublements de dépenses.

Fleurantins et Lannemezanais ayant accepté l'état de fait, l'heure est désormais à la préparation et à la reflexion. « Quand vous rentrez de Dijon à 4h du matin le dimanche comment voulez-vous faire un entrainement digne de ce nom à partir du mardi soir ? C'est l'ensemble du fonctionnement qu'il va falloir réétablir et adapter » témoigne-t-on du côté pyrénéen.

Du point de vue sportif, la composition des poules n'est pas anodine non plus. L'aspect était déjà évoqué au moment de la rencontre est-ouest initiée par les phases finales en mai ; le style de jeu n'est pas le même à Saint-Jean-de-Luz qu'à Aubenas. « J'ai trouvé que le jeu était beaucoup plus aéré dans notre poule (de l'année passée). Il y avait beaucoup plus de défi, de conquête et des équipes plus costauds dans l'autre. Etant donné qu'il y a huit équipes de cette poule, ils ne vont pas changer du jour au lendemain » analyse Nicolas Dupouy. Avec un recrutement déjà effectué pour attaquer la préparation, pas question pour le manager fleurantin d'opérer des changement au niveau de l'effectif, quand bien même les défis imposés par la future poule sont différents de ce que les staffs pouvaient attendre au moment de réaliser leur mercato.


  • Poule 1

Anglet, Niort, Marcq-en-Barœul, Rennes, Bassin d’Arcachon, Graulhet, Saint-Jean-de-Luz, Langon, Limoges, Salles, Cognac, Marmande.

  • Poule 2 

Fleurance, Mâcon, Bédarrides/Châteauneuf-du-Pape, Valence d’Agen, Lannemezan, Aubenas/Vals, Auch, Nîmes, Rumilly, Dijon, Stade Métropolitain (Villeurbanne/Rillieux-la-Pape), La Seyne-sur-Mer.

V.M